La communauté juive européenne exprime sa vive inquiétude après les récentes perquisitions menées en Belgique dans le cadre d'une enquête visant des praticiens de la circoncision rituelle. En mai dernier, la police belge a procédé à des saisies de matériel chez plusieurs mohels (circonciseurs) à Anvers et aurait exigé des listes de bébés récemment circoncis, suscitant une onde de choc dans la communauté juive.
En réaction, l’Association des organisations juives européennes (EJA) a lancé une campagne de mobilisation pour défendre ce rite incontournable du judaïsme, qualifié de « pilier de l’identité juive » et protégé, selon elle, par la liberté religieuse garantie dans les textes fondamentaux européens.
Un courrier de protestation a été adressé à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Signée par plus de cinquante rabbins et responsables communautaires à travers le continent, la lettre dénonce « une violation flagrante de la liberté religieuse » et évoque des parallèles inquiétants avec « certains épisodes sombres de l’histoire européenne ». Les signataires appellent Bruxelles à intervenir pour freiner ce qu’ils considèrent comme une dérive préoccupante.
"Une attaque contre notre foi"
Pour le rabbin Menachem Margolin, président de l’Union des organisations juives d’Europe, l’enjeu dépasse le cadre national : « Nous ne pouvons rester passifs face à ce que nous percevons comme une attaque contre notre foi. La circoncision est une mitsva sacrée, pratiquée en toute sécurité depuis des millénaires. La criminaliser reviendrait à s’opposer aux principes fondateurs de l’Europe : la liberté de religion et la dignité humaine. »