Selon des données du ministère de l'Intérieur révélées par la chaîne publique Kan 11, les résidents druzes du Golan multiplient leurs demandes de citoyenneté israélienne à un rythme sans précédent.
Les chiffres témoignent d'une transformation radicale des mentalités. Alors que seulement 90 demandes avaient été enregistrées en 2020, ce nombre a presque triplé dès 2021 pour atteindre 325 candidatures. La progression s'est ensuite poursuivie de manière constante : 623 demandes en 2022, 554 en 2023, puis 572 en 2024.
L'année 2025 marque un tournant décisif. Avant même la fin de l'exercice, 1 050 candidatures ont déjà été déposées, soit près du double de l'année précédente. Cette accélération coïncide avec les événements du 7 octobre et leurs répercussions régionales.
Cette tendance bouleverse des décennies d'attentisme politique. Depuis la conquête israélienne du plateau en 1967, les Druzes du Golan, originaires des villages du nord de cette région autrefois sous contrôle syrien, avaient maintenu une identité distincte. Beaucoup refusaient même la citoyenneté israélienne pour des motifs idéologiques, familiaux et politiques, se contentant d'un statut de résidents permanents.
Cette résistance s'expliquait par les liens historiques avec la Syrie et les incertitudes liées au statut définitif du territoire, toujours revendiqué par Damas.