L'annonce de la mort d'Abou Obeida, figure médiatique la plus influente du Hamas, marque un tournant pour l'organisation terroriste. Au-delà de la perte d'un simple porte-parole, c'est l'une des voix les plus symboliques du mouvement qui s'est éteinte, révélant par la même occasion l'architecture sophistiquée de sa machine de propagande.
La première réaction du Hamas après l'annonce de cette élimination illustre parfaitement l'importance accordée à la communication. Dans une vidéo diffusée mercredi soir, l'organisation lance un "avertissement urgent" en hébreu approximatif, menaçant la vie des "soldats et prisonniers" israéliens.
Abou Obeida n'était pas qu'un simple communicant. Maîtrisant parfaitement l'art oratoire, s'appuyant sur des références coraniques et des idées islamistes extrémistes, il était devenu un modèle pour de nombreux jeunes Palestiniens, les incitant à rejoindre les rangs de l'organisation. Son charisme lui avait conféré un rôle central dans la définition de la politique et la conduite de la propagande internationale du Hamas.
Une doctrine de guerre psychologique
Des documents internes du Hamas, obtenus par Ynet, révèlent l'ampleur du système de propagande de l'organisation, partie intégrante de sa branche armée. Pour le mouvement, "la communication militaire est une préparation spirituelle qui insuffle l'esprit d'éveil, la charité, le don, la préparation psychologique et renforce la confiance mutuelle entre le peuple et les forces armées".
Ces documents, destinés au département de préparation et de formation des Brigades Izz ad-Din al-Qassam, montrent que la propagande n'est pas considérée comme un simple outil de communication, mais comme une arme stratégique. L'organisation forme ses commandants sur le terrain à cette dimension, intégrant la guerre de l'information dans la formation militaire elle-même.
L'enlèvement Waxman : un "accomplissement fondateur"
Les archives du Hamas révèlent comment l'organisation a transformé certains épisodes tragiques en éléments fondateurs de son identité. L'enlèvement du soldat Nachshon Waxman dans les années 1990 est ainsi présenté comme un "accomplissement fondateur", non seulement pour l'acte lui-même, mais pour sa mise en scène médiatique.