Le commandant qui a béni son fils depuis Gaza
Le major N., commandant de compagnie dans le bataillon Rotem de la brigade Guivati, n’a eu que quelques heures de répit depuis le 7 octobre. Pendant que son unité combattait à Gaza, son épouse Renana, enceinte, affrontait seule les alarmes et l’attente.
Après un mois sans contact, la première trêve lui a permis de rentrer à temps pour la naissance de leur fils, Sinai. Trois jours plus tard, il repartait pour la bande de Gaza. « Voir la vie recommencer au milieu de tant de mort m’a rappelé pourquoi nous nous battons », confie-t-il.
Le jour de la brit milah, il a assisté à la cérémonie par visioconférence depuis le front : « Je les voyais tous autour du bébé, moi j’étais sur l’écran – ce n’était pas ce que j’avais imaginé, mais c’était un moment vrai et fort. »
Pour lui, la guerre a bouleversé tout repère, mais pas la conviction : « Nos familles sont les vraies héroïnes. Sans elles, rien n’est possible. »
L’officière de l’air et sa fille : « Chaque avion qu’elle voit, c’est celui de maman »
La major H., commandante de l’atelier d’armement de la base 22, incarne la ténacité féminine dans un milieu encore masculin.
Seule avec sa fille, elle a passé des semaines entières sans la voir. « Un jour, elle n’a pas couru m’embrasser en rentrant. J’ai compris combien la distance pèse », raconte-t-elle.
Officière depuis 17 ans, elle commande près de cent soldats chargés de préparer les munitions des avions. « Si une pièce n’est pas prête à temps, c’est un avion de moins qui décolle. »
Son moteur ? Donner du sens à chaque mission. « Ma fille montre le ciel et dit : “C’est l’avion de maman.” Ça vaut tout. »
Le cuisinier devenu officier : « Si après la bouchée vient le sourire, on a gagné »
L’adjudant A., ancien soldat du génie, est aujourd’hui responsable de la restauration de la division 162.
« Je voulais que tout soit cuisiné par nos soins, pas livré. Quand on cuisine avec le cœur, les soldats le sentent. »
Entre deux livraisons de repas chauds au front, il est aussi père de quatre enfants, dont un né en pleine guerre. « J’ai dit à ma femme : tu vas me voir moins, mais je compenserai quand tout ça sera fini. »
Pour lui, la cuisine est un acte de commandement : « L’énergie passe par l’assiette. »