La célèbre ville touristique polonaise de Sopot a mis fin à son jumelage avec Ashkelon, vieux de plus de trente ans, marquant une première en Pologne. Cette rupture intervient dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes liées à la guerre à Gaza.
Le processus a été lancé en août dernier par Barbara Brzezicka, conseillère municipale et membre du parti de gauche "Ensemble" (RAZEM), qui a dénoncé le "génocide israélien à Gaza". Face à l'inaction des autorités locales, elle a lancé une initiative citoyenne soutenue par son parti, Amnesty International et des militants pro-palestiniens, afin de recueillir des signatures pour une résolution.
Barbara Brzezicka a notamment rappelé que Sopot avait déjà rompu son partenariat avec la ville russe de Petrograd après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, établissant ainsi un précédent.
La résolution adoptée affirme qu'"Israël mène un nettoyage ethnique à grande échelle à Gaza depuis 2023, qui a déjà coûté la vie à des dizaines de milliers de victimes, dont quelque 20 000 enfants". Si le texte mentionne les crimes du Hamas, il soutient que "ceux-ci ne sauraient justifier l'extermination systématique de la population de Gaza". "Le Hamas est pleinement responsable de ses attaques, et le gouvernement israélien est responsable du génocide perpétré par Tsahal", conclut le document.
La décision n'a pas fait l'unanimité. Le conseiller municipal Yaroslav Kempe a plaidé pour une approche plus nuancée : "La mesure appropriée dans cette situation serait de suspendre la coopération ou d'adresser une lettre officielle à la municipalité d'Ashkelon pour condamner la situation dans la bande de Gaza. Si nous rompons définitivement la coopération, nous compromettons toute possibilité de dialogue avec l'autre partie."