Deux mois après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, le Hamas reconquiert méthodiquement le terrain à Gaza. Des témoignages recueillis par N12 et une analyse du New York Times convergent : l'organisation terroriste, bien qu'affaiblie par deux ans de guerre, rétablit son emprise sur la population par l'intimidation, l'extorsion et la violence.
Un retour en force sur le terrain
"Le Hamas est de retour. Il se réunit et recrute à nouveau des membres, il est revenu plus fort que jamais", témoigne G., un habitant de Gaza. L'organisation a rouvert ses bureaux, posté des hommes armés aux carrefours et dans les marchés, et repris ses positions dans les hôpitaux et les camps de "réfugiés".
Selon les estimations citées par le New York Times, environ 20 000 terroristes demeurent dans les rangs du Hamas, et plus de la moitié du réseau de tunnels souterrains reste intact. L'organisation a rapidement remplacé les commandants éliminés pendant le conflit et conserve des armes légères, des lance-roquettes et des mortiers.
Un système d'extorsion généralisé
Le contrôle du Hamas se manifeste surtout par un système d'extorsion qui frappe toute la population. "Quiconque possède un commerce doit payer cinq ou dix shekels par jour pour pouvoir rester là. Si vous ne payez pas, ils vous battent", explique G. La police du Hamas se poste aux carrefours pour prélever de l'argent aux automobilistes, tandis que les commerçants doivent partager leurs bénéfices pour continuer leur activité.