Depuis 2004, 49 enfants du Somaliland ont été pris en charge par l’organisation, dont 19 en 2025 et 20 en 2024 seulement. Ces chiffres illustrent l’intensification récente d’une coopération pourtant ancienne, bien antérieure à toute relation diplomatique formelle.
Le premier lien remonte à 2004, lorsqu’un diplomate du Somaliland en poste en Éthiopie chercha désespérément une solution médicale pour son enfant, atteint d’une pathologie cardiaque mettant sa vie en danger. Par l’intermédiaire de contacts à l’ambassade d’Israël, la famille fut orientée vers Save a Child’s Heart, qui organisa l’opération en Israël. L’enfant survécut. Le diplomate, lui, fut ultérieurement démis de ses fonctions après ce séjour en Israël — un épisode révélateur de la sensibilité politique du dossier à l’époque.
Depuis, les orientations de patients se poursuivent via des médecins locaux et des partenaires régionaux. En janvier dernier, Isra, une fillette de cinq ans atteinte de deux malformations cardiaques congénitales, a ainsi subi une opération à cœur ouvert en Israël, avant de recevoir également un traitement pour des troubles de la vision.
Les équipes médicales soulignent que les enfants du Somaliland sont soignés aux côtés de patients venus de dizaines d’autres pays, sans distinction. « Une fois le traitement engagé, seule compte la santé de l’enfant », résume la direction médicale du programme, insistant sur la neutralité absolue de l’approche.
La coopération s’est élargie au fil des années, notamment grâce à des médecins occidentaux travaillant dans la région et à des conseillers proches de la présidence somalilandienne. En 2021, une visite médicale israélienne à l’hôpital Edna Adan de Hargeisa a même permis de retrouver d’anciens patients opérés en Israël, devenus adultes — symbole concret de la continuité de ce lien.

Asma et Huda sont rentrées au Somaliland avec un cœur en bonne santé en 2016, après avoir été soignées en Israël, crédit photo : Save a Child’s Heart