Sécurité

Téhéran sous pression, la ligne rouge se rapproche

Washington et Jérusalem durcissent le ton alors que la rue iranienne continue de défier le régime.

3 minutes
7 janvier 2026

ParDelphine Miller

Téhéran sous pression, la ligne rouge se rapproche
Illustration: IA

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Double avertissement, même message. Face à une vague de manifestations qui entre dans sa deuxième semaine, les États-Unis et Israël haussent le ton contre le régime des Ayatollahs. Le président américain Donald Trump a averti que Washington « agirait » si les autorités iraniennes continuaient à tuer des manifestants, tandis que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exprimé son soutien au peuple iranien, affirmant que « le moment est peut-être venu pour eux de prendre leur destin en main », selon des déclarations rapportées par Ynet et relayées par plusieurs médias israéliens.

À Téhéran, la réponse ne s’est pas fait attendre. Le commandant en chef de l’armée iranienne, Amir Hatami, a déclaré que la République islamique considérait les prises de position de Washington et de Jérusalem comme une « menace » et qu’elles « ne resteraient pas sans réponse ». Cité par l’agence semi-officielle Fars, il a prévenu que toute « erreur de l’ennemi » entraînerait une riposte « plus forte » que lors de la guerre de douze jours contre Israël en juin. Dans le même temps, le ministère iranien des Affaires étrangères a accusé Trump et Netanyahu d’« incitation à la violence » et d’atteinte à l’unité nationale iranienne.

Sur le terrain, la tension monte encore d’un cran. Les médias d’État iraniens ont annoncé l’exécution d’un homme accusé d’espionnage pour le compte du Mossad, identifié comme Ali Ardastani. Selon l’agence officielle IRNA, il aurait transmis des images de sites sensibles en échange de paiements en cryptomonnaie et espérait obtenir un visa pour la Grande-Bretagne. Les autorités iraniennes affirment avoir exécuté au moins douze personnes depuis la guerre de juin avec Israël pour des faits liés à l’espionnage et au « sabotage ». De leur côté, des ONG et des gouvernements occidentaux dénoncent une multiplication des exécutions, souvent à l’issue de procès fermés et de confessions obtenues sous contrainte.

L’ampleur du mouvement reste difficile à mesurer. L’organisation Human Rights Activists News Agency, basée aux États-Unis, fait état d’au moins 35 morts et de plus de 1 200 arrestations, avec des manifestations signalées dans 250 localités à travers 27 provinces. L’opposition, citée par Iran International, évoque des heurts au Grand Bazar de Téhéran et l’usage de gaz lacrymogène par les forces de sécurité, tandis que les médias officiels minimisent la mobilisation.

À Jérusalem, les services de sécurité suivent la situation de très près. Après son retour de Washington, Benjamin Netanyahu a réuni un cabinet restreint pour évaluer différents scénarios d’escalade régionale, y compris la possibilité d’opérations simultanées sur plusieurs fronts. Les responsables israéliens se montrent prudents quant à la capacité des protestations à renverser le régime, mais soulignent le risque croissant de mauvaise appréciation de part et d’autre. Des messages auraient été transmis à Téhéran par des canaux indirects pour indiquer qu’Israël ne cherche pas l’affrontement pendant les troubles, des assurances que les autorités iraniennes rejettent comme trompeuses, toujours selon Ynet.

Entre avertissements explicites, exécutions annoncées et rue en colère, l’Iran se retrouve au cœur d’un bras de fer où chaque déclaration compte. Pour Israël et ses alliés, la question n’est plus seulement celle des manifestations, mais celle d’un possible basculement stratégique aux conséquences régionales majeures.


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