Sécurité

Ramadan à Gaza : afflux inédit de sucreries et boissons en provenance d'Israël

À l’approche du mois sacré du Ramadan, les fabricants israéliens de confiseries, boissons gazeuses et boissons énergétiques voient leurs stocks s’écouler à un rythme inédit vers la bande de Gaza.

3 minutes
17 février 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Ramadan à Gaza : afflux inédit de sucreries et boissons en provenance d'Israël
Gaza : les rayons de sucreries israéliennes se vident avant le Ramadan, réseaux sociaux

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Un grand fabricant de bonbons affirme n’avoir jamais observé une telle demande pour ses produits sur le marché gazouien. « Il y a deux mois et demi, j’ai commencé à recevoir des appels de tous types d’importateurs cherchant à envoyer des marchandises à Gaza. Au début, c’étaient des quantités raisonnables, mais cela n’a fait qu’augmenter ».

Depuis l’instauration du cessez-le-feu, Israël autorise quotidiennement l’entrée d’environ 700 camions d’aide humanitaire dans l’enclave, transportant nourriture, matériel de logement et équipements médicaux. Selon un rapport de décembre 2025, le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires -COGAT- cite un flux quotidien de 600 à 800 camions.

Les commandes de produits alimentaires de courte durée de conservation affluent, et les prix sont rarement négociés : les commerçants gazaouis paient souvent bien au-dessus du tarif israélien. Les marchandises transitent par des canaux privés et sont revendues sur les marchés locaux, générant des profits importants pour plusieurs acteurs de la chaîne logistique. Bien que supervisé par l’État israélien, le processus est entièrement exécuté par des sociétés privées des deux côtés de la frontière.

Depuis décembre 2025, le gouvernement a imposé que tout achat classé comme aide humanitaire passe par l’une des sociétés israéliennes agréées comme « fournisseurs approuvés ». Ces sociétés facturent environ 10000 NIS par camion pour l’inspection, plus une commission de 5 % de la valeur des marchandises, soit en moyenne 15 000 NIS par camion, intégrés au prix final des produits.

« Un des fournisseurs m’a dit qu’il n’avait plus de Coca rouge dans ses magasins depuis une semaine, tout a été vidé », explique le fabricant. « Certains fournisseurs approuvés par COGAT, responsables uniquement du transport, m’ont appelé pour demander 100 palettes en une nuit. J’ai essayé d’expliquer que je n’avais plus rien. »

Malgré certaines inquiétudes sur le fait de vendre à des destinataires potentiellement liés à des groupes armés, le fabricant assure que « les marchandises circulent de toute façon, d’une manière ou d’une autre ».

Le flux de camions vers Gaza s’est considérablement simplifié : « Avant, il fallait un mois de préparation pour faire passer un camion, et les chauffeurs devaient dormir à côté du point de passage pour pouvoir franchir la frontière le lendemain après une inspection longue. Aujourd’hui, il semble que d’innombrables camions entrent facilement ».

Pour certains fournisseurs, l’opération est également lucrative : « Un fournisseur de viande m’a dit qu’il avait trois camions à remplir de produits pour le Ramadan. Cela valait le coup : en Israël, il vendrait au prix du marché, et à Gaza, trente à quarante pour cent au-dessus. »

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