Après l’entrée de la compagnie nationale azerbaïdjanaise Socar dans le champ gazier Tamar en 2025, Bakou pourrait désormais investir massivement dans un autre pilier stratégique d’Israël : l’eau. Selon le quotidien économique israélien Calcalist, le fonds public azerbaïdjanais AIC est en négociations avancées pour acquérir entre 20 % et 30 % du capital de la société IDE, leader israélien de la dessalinisation, dans une opération qui valoriserait l’entreprise entre 800 millions et plus d’un milliard de dollars après investissement.
IDE joue un rôle central dans la sécurité hydrique d’Israël. Selon Calcalist, la société exploite notamment l’usine de dessalinisation de Hadera, qui fournit environ 21 % de l’eau dessalinisée du pays, et devrait atteindre près de 45 % de part de marché d’ici 2027 avec la mise en service de nouvelles installations, dont le site de Sorek et un futur complexe en Galilée occidentale. Le même média précise que l’essentiel des fonds levés servirait à financer de grands projets internationaux, notamment en Inde et aux États-Unis, tout en faisant entrer un acteur étatique étranger dans un secteur considéré comme critique pour la résilience nationale.
Cette dynamique s’inscrit dans une relation stratégique déjà étroite entre Israël et l’Azerbaïdjan. Selon les données publiées par le ministère israélien de l’Énergie et reprises par la presse économique israélienne, la compagnie nationale Socar a acquis en juin 2025 10 % du champ gazier Tamar pour 1,25 milliard de dollars auprès de l’homme d’affaires Aaron Frenkel. Toujours selon le ministère de l’Énergie, Tamar assure près de la moitié de l’approvisionnement en gaz du marché intérieur israélien, ce qui confère à Bakou une présence indirecte mais significative dans un autre secteur vital.
Pour l’Azerbaïdjan, l’intérêt est également lié à ses propres contraintes internes. Selon Calcalist, le pays est confronté à une pression croissante sur ses ressources en eau, notamment dans les régions agricoles qui représentent environ 40 % de son territoire. L’investissement dans IDE pourrait ainsi faciliter un transfert de technologies israéliennes de dessalinisation vers le Caucase, afin de soutenir des projets nationaux à moyen terme.
Pour Israël, cette possible double présence azerbaïdjanaise dans le gaz et l’eau illustre une évolution des partenariats stratégiques : les coopérations économiques ne concernent plus seulement la défense ou la high-tech, mais touchent désormais aux fondations mêmes de la souveraineté économique. Une évolution qui renforce les liens avec un allié régional discret mais constant, tout en ouvrant un débat sur la place croissante de capitaux étatiques étrangers dans des infrastructures essentielles.
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