Les Émirats arabes unis ont décidé de retirer toutes les universités britanniques de leur programme de bourses d'études gouvernementales, par crainte que leurs citoyens ne se radicalisent sur les campus. Cette mesure drastique intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Abou Dhabi et Londres sur la question de l'islam politique.
« Nous ne voulons pas que nos enfants se radicalisent »
Selon les médias britanniques, le gouvernement émirati a suspendu le financement des bourses pour ses ressortissants souhaitant étudier au Royaume-Uni, estimant que l'extrémisme islamiste y représente une menace réelle. « Les Émirats arabes unis ne veulent pas que leurs enfants se radicalisent sur les campus », a déclaré une source directement impliquée dans cette décision.
Les Émirats accordent habituellement de généreuses bourses à leurs citoyens dans le cadre d'un programme géré par les ministères de l'Éducation et des Affaires étrangères, couvrant les frais de scolarité, de subsistance, de voyage et l'assurance maladie pour les étudiants brillants.
Abou Dhabi ne se contente pas de supprimer les bourses : l'État du Golfe ne reconnaîtra plus les diplômes délivrés par les établissements d'enseignement supérieur britanniques, dévalorisant ainsi leurs diplômes pour les étudiants émiratis. Des étudiants ayant récemment postulé à des bourses pour le Royaume-Uni ont déjà reçu des notifications de refus, y compris pour certaines des universités les plus prestigieuses au monde.
Le Telegraph britannique note qu'entre 2017 et 2024, le nombre d'étudiants émiratis au Royaume-Uni avait doublé pour atteindre 8 500.
Le contentieux des Frères musulmans
Les tensions entre les deux pays se sont accentuées en raison du refus de Londres de désigner les Frères musulmans comme organisation terroriste, contrairement aux Émirats. L'année dernière, le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré que cette question était « examinée attentivement », mais aucune décision n'a été prise depuis.
En 2014, l'ancien Premier ministre David Cameron avait ordonné une enquête sur les activités des Frères musulmans en Grande-Bretagne, mais il avait été conclu que les preuves étaient insuffisantes pour justifier l'interdiction de leurs activités sur le territoire britannique.
Depuis plusieurs années, et notamment depuis les manifestations haineuses contre Israël dans le contexte de la guerre à Gaza, les universités britanniques sont accusées de laxisme face aux éléments islamistes extrémistes. Les médias britanniques rapportent que 70 étudiants inscrits pour l'année universitaire 2023-2024 ont été orientés vers des programmes gouvernementaux de déradicalisation.
En réaction, le Premier ministre Starmer a déclaré : « Notre société ne tolère aucune forme d'extrémisme et nous l'éradiquerons dès qu'il sera détecté. Nous offrons l'un des meilleurs systèmes éducatifs au monde et nous prenons des mesures strictes en matière de bien-être des étudiants et de sécurité sur les campus. »
Les Émirats arabes unis ont adopté une position très ferme contre les mouvements islamistes et l'islam politique au cours des quinze dernières années. Le président émirati Mohammed ben Zayed poursuit une ligne intransigeante sur ces questions.
Bien que les restrictions n'affectent que les étudiants bénéficiant d'une bourse d'État, les familles les plus aisées pouvant toujours financer elles-mêmes les études de leurs enfants, la non-reconnaissance des diplômes britanniques pourrait constituer un frein important.
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