Netanyahu, actuellement soumis au contre-interrogatoire de l’accusation, a reçu l’enveloppe environ une heure après le début des débats, il a alors indiqué au tribunal que son contenu était « important » et après une brève discussion, les juges ont décidé d’ajourner l’audience à 13h30, au lieu de l’horaire initialement prévu. Les circonstances entourant cette enveloppe n’ont pas été rendues publiques.
Cette décision s’inscrit dans une série d’audiences écourtées ou annulées la semaine dernière : celle de lundi avait déjà été raccourcie en raison du discours obligatoire dit des « 40 signatures » prononcé par Netanyahou à la Knesset ; celle de mardi avait été écourtée en raison de la maladie de la procureure principale, Yehudit Tirosh ; et l’audience de mercredi avait été annulée en raison de contraintes judiciaires. Les juges ont également annoncé que l’audience de mardi serait raccourcie et se tiendrait de 9h00 à 15h00 pour des raisons d'horaires.
Ce jour, lundi, marquait donc le 70ᵉ jour de témoignage de Netanyahou dans son procès pour corruption, et sa dernière comparution en contre-interrogatoire dans l’Affaire 4000, considérée comme la plus grave des trois procédures engagées contre lui. Le Premier ministre est inculpé pour corruption, fraude et abus de confiance, des accusations qu’il rejette catégoriquement. Au cœur de l’Affaire 4000 se trouve l’allégation de l’accusation selon laquelle Netanyahou aurait accordé à Bezeq, alors contrôlée par Shaul et Iris Elovitch, des avantages réglementaires d’une valeur de plusieurs centaines de millions de shekels, en échange d’une couverture médiatique favorable et personnalisée sur le site d’information Walla.
Selon l’acte d’accusation, Netanyahu et des membres de sa famille, avec sa connaissance, ont transmis des demandes spécifiques concernant la couverture médiatique du Premier ministre et de ses rivaux politiques, demandes ensuite relayées au sein de la hiérarchie éditoriale de Walla.
Yehudit Tirosh a poursuivi son interrogatoire en confrontant Netanyahu au témoignage du témoin d’État et ancien directeur de cabinet Ari Harow, en se concentrant sur l’utilisation présumée d’intermédiaires pour influencer les médias. Elle a contesté l’affirmation répétée de Netanyahu selon laquelle il traitait directement avec les éditeurs et rédacteurs en chef, sans recourir à des émissaires. Évoquant un témoignage décrivant l’ancien conseiller Natan Eshel comme un intermédiaire avec Israel Hayom, Netanyahu a rejeté cette caractérisation : « Je parlais directement avec Sheldon [Adelson] ou avec [le rédacteur en chef] Boaz Bismuth, je n’avais pas besoin de canal. L’idée selon laquelle Natan Eshel aurait été mon canal exclusif est fondamentalement absurde. »
Tirosh a répliqué en précisant que Harow n’avait pas décrit Eshel comme un intermédiaire exclusif, mais comme l’un des plusieurs canaux utilisés lorsque Netanyahou était occupé par d’autres dossiers. Netanyahou a rétorqué qu’Eshel agissait souvent de sa propre initiative et qu’il était lui-même en contact direct et fréquent avec des responsables des médias.
Cherchant à démontrer un schéma plus large de recours à des figures non officielles disposant de connexions médiatiques, Tirosh a évoqué notamment le politicien franco-israélien Meyer Habib, utilisé, selon l’accusation, pour faciliter des interviews à l’étranger. Netanyahou a répondu que ce type de démarche était courant, souvent motivé par des demandes de médias étrangers, et qu’il ne remplaçait pas le travail des porte-parole officiels.
Netanyahu a également reconnu avoir, à plusieurs reprises, demandé à Harow de contacter l’éditeur de Yediot Aharonot, Arnon Mozes, au sujet de la couverture médiatique, tout en rejetant l’idée que Harow ait servi de « canal continu ou exclusif » : « Il y a eu quelques cas, il n’y avait pas de canal permanent. »
Par ailleurs, l’audience de lundi faisait suite au témoignage, la veille, de l’ancien commandant de police à la retraite Yoram Naaman, l’un des enquêteurs de Netanyahou dans l’Affaire 4000. Selon Haaretz, Naaman a eu du mal à expliquer pourquoi les enquêteurs n’avaient pas présenté à Netanyahu, lors de ses interrogatoires, des articles précis de Walla supposément constitutifs d’une couverture favorable.
L’avocat de la défense, Amit Hadad, a cité les propres propos de Naaman lors de l’enquête, accusant la police de ne pas avoir étayé l’affirmation selon laquelle Netanyahou aurait bénéficié d’une couverture médiatique positive systématique.
Les témoignages de la semaine dernière ont également porté sur l’implication présumée de l’épouse du Premier ministre, Sara Netanyahou, dans les nominations du personnel et les relations avec les médias. Netanyahu a qualifié ces allégations de « légende », tout en reconnaissant qu’elle était parfois présente à la résidence officielle lors de réunions. : « Elle passe, les gens se serrent la main, et soudain on appelle cela un entretien d’embauche, c’est absurde. »
Netanyahu soutient de manière constante que les accusations portées contre lui criminalisent des interactions politiques et médiatiques ordinaires, et que le dossier de l’accusation repose sur des interprétations déformées de pratiques courantes. Le contre-interrogatoire dans l’Affaire 4000 devrait se poursuivre dans les semaines à venir, sous réserve de nouvelles contraintes de calendrier.
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