Le calcul coût-bénéfice a changé
Le président Donald Trump privilégiait une opération rapide, puissante et décisive, idéalement unique, susceptible d’ébranler le régime iranien. Ses conseillers civils et militaires ont tempéré cette ambition : une frappe efficace exigerait des préparatifs longs et n’offrirait aucune garantie de renversement du pouvoir à Téhéran. En outre, une attaque aurait presque certainement déclenché des représailles contre des bases américaines au Moyen-Orient, contre Israël, et contre l’industrie énergétique des alliés du Golfe, avec à la clé une flambée des prix du pétrole.
Pressions régionales et risque de guerre totale
Les partenaires régionaux des États-Unis – notamment le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie – ont pressé Washington de s’abstenir. Leur crainte : une spirale de représailles menant à une guerre régionale que personne ne souhaite. Une frappe américaine aurait, selon plusieurs capitales, rendu quasi inévitable une riposte israélienne, entraînant l’ensemble de la région dans un conflit élargi.
La répression a précédé Trump
Surtout, le régime iranien n’a pas attendu. Avant même que Trump ne promette aux manifestants que « l’aide arrivait », les autorités ont réprimé avec une violence extrême les protestations : tirs à balles réelles, usage d’armes visant à mutiler, centaines de morts. Le choc et la peur ont fait leur œuvre. Les rues se sont vidées, les rassemblements ont reflué, et la machine sécuritaire n’a plus eu besoin de tirer.
Selon des évaluations de renseignement occidentales, le bilan – bien que tragique – serait inférieur aux chiffres avancés par certaines ONG, avec 2 500 à 4 000 morts, dont environ 500 membres des forces de sécurité tués par des manifestants armés dans certaines régions -Kurdistan iranien, Ahvaz, Baloutchistan. Cette décrue a pesé à Washington : Trump peut désormais affirmer que la menace a suffi, sans combat.
Une porte de sortie diplomatique
Des canaux indirects auraient transmis à Washington des engagements iraniens : fin des tirs contre les manifestants et absence d’exécutions de détenus liés aux protestations. De quoi offrir au président américain l’échelle nécessaire pour redescendre de l’arbre, reprendre la voie diplomatique et déclarer victoire sans frappe.
Une contestation sans tête