Alors que le président américain Donald Trump a annoncé le passage à la deuxième phase du cessez-le-feu, de nombreuses questions demeurent sans réponse sur la gouvernance future de Gaza, le désarmement du Hamas et le rôle controversé de la Turquie et du Qatar.
La présence controversée de la Turquie et du Qatar
Israël avait posé un ultimatum concernant l'arrivée de troupes turques et qataries à Gaza, et il semble qu'elles ne feront effectivement pas partie de la force internationale de stabilisation. Toutefois, en raison de la contribution significative de la Turquie et du Qatar à l'accord sur les otages, Trump a insisté pour leur confier un rôle, estimant qu'ils parviendront à obtenir le désarmement du Hamas.
La présence du ministre turc des affaires étrangères, Hakan Fidan, et du haut responsable qatari Ali al-Thawadi – qui se trouvait à la Maison-Blanche aux côtés de l'envoyé américain Steve Witkoff lors des excuses téléphoniques du premier ministre Benyamin Netanyahou au Qatar – a provoqué une réaction inhabituelle du cabinet du premier ministre. Ce dernier a affirmé que "l'annonce de la composition du comité exécutif de Gaza n'a pas été coordonnée avec Israël et est contraire à sa politique". Des responsables américains ont toutefois déclaré qu'Israël était informé de la composition des différents comités.
Selon une source proche du dossier, le comité n'est pas un organe décisionnel, mais un comité consultatif. Cette même source indique qu'Israël a tenté, sans succès, de modifier la composition du comité et que Steve Witkoff et Jared Kushner ont insisté sur le maintien de la Turquie et du Qatar.
Qui gouvernera réellement Gaza ?
Le chef du comité technocratique palestinien pour la gestion de Gaza, Ali Shaath, est arrivé en Égypte avec certains membres du comité – dont plusieurs entretiennent des liens étroits avec l'autorité palestinienne. Il a déclaré : "Nous sommes déterminés à ce que les guerres ne reviennent pas à Gaza, et nous sommes déterminés à soulager la souffrance du peuple palestinien et à rétablir la sécurité."
Le comité est composé de 15 hauts responsables palestiniens, agréés par Israël. Ses membres sont des professionnels chargés de la gestion quotidienne de la bande de Gaza, notamment de l'assainissement, des infrastructures et de l'éducation. Le Hamas a déclaré à plusieurs reprises accepter le transfert d'autorité à ce conseil technocratique, mais après son établissement, la question de savoir qui gouvernera réellement Gaza reste en suspens.
Un "conseil de la paix" sous supervision américaine
Selon le plan américain, le "conseil de la paix" dirigé par Trump est censé superviser la gestion et la reconstruction de la bande de Gaza par l'intermédiaire du comité de gestion, qui comprend notamment Witkoff, Kushner, le ministre turc des affaires étrangères Fidan, le haut responsable qatari al-Thawadi, l'ancien premier ministre britannique Tony Blair, ainsi que le magnat israélo-chypriote de l'immobilier Yakir Gabbay.
Trump a également envoyé des invitations à des dizaines de dirigeants du monde entier pour rejoindre ce "conseil de la paix" – présenté comme une alternative américaine à l'ONU – dont le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre qatari Mohammed al-Thani.