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Allemagne: une femme juive forcée d’enlever son étoile de David pour assister à un procès pour antisémitisme

Une décision de sécurité controversée provoque l'indignation lors d'une audience consacrée à des affiches anti-juives

3 minutes
2 juin 2026

ParGuitel Benishay

Allemagne: une femme juive forcée d’enlever son étoile de David pour assister à un procès pour antisémitisme
Photo: IStock

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Une polémique a éclaté hier (lundi) dans un tribunal allemand après qu'une femme juive a été contrainte de retirer son pendentif en forme d'étoile de David pour pouvoir assister à une audience portant précisément sur une affaire d'incitation à la haine visant un commerçant accusé d'avoir affiché des messages discriminatoires contre les Juifs.

L'incident a suscité de vives critiques de la part d'avocats et d'observateurs, qui dénoncent une atteinte à la liberté religieuse dans un contexte particulièrement sensible.

La femme concernée a expliqué avoir été contrainte de remettre sa chaîne aux agents de sécurité avant d'entrer dans la salle d'audience.

« J'ai dû retirer entièrement mon collier avec l'étoile de David et le remettre aux agents. Je n'ai même pas été autorisée à le porter sous mes vêtements ni à le conserver dans ma poche », a-t-elle déclaré.

« Je ne me souviens pas de la dernière fois où j'ai retiré ce pendentif. Il fait partie de mon identité. », a-t-elle ajouté.

Selon son témoignage, les agents de sécurité lui auraient indiqué que le port visible de symboles religieux était interdit dans le cadre des mesures de sécurité mises en place pour cette audience.

Interrogé sur cet incident, le porte-parole du tribunal, Stefan Wolf, a expliqué que la décision reposait sur une ordonnance de sécurité déjà en vigueur qui interdit ''l'introduction de tout objet susceptible de perturber le bon déroulement des débats judiciaires''.

Il a toutefois reconnu que les agents chargés du contrôle avaient interprété cette disposition de manière extensive en l'appliquant également aux symboles religieux.

Cette explication n'a pas convaincu plusieurs spécialistes du droit. Pour Me Yuri Goldstein, l'obligation imposée à cette femme constitue une atteinte manifeste à la liberté religieuse et au droit au respect de la vie privée. « Dans le contexte d'un procès portant sur des actes antisémites, une telle décision est totalement irresponsable et impossible à justifier », a-t-il affirmé.

L'affaire examinée par le tribunal concerne un commerçant poursuivi pour incitation à la haine après avoir affiché, le 17 septembre 2025, un message visant explicitement les personnes juives dans la vitrine de son magasin.

L'affiche indiquait : « L'entrée des Juifs dans cet établissement est strictement interdite. Rien de personnel, ce n'est pas de l'antisémitisme, je ne peux simplement pas vous supporter. »

L'affiche est restée visible pendant plusieurs heures avant l'intervention de la police.

Le tribunal régional a condamné le prévenu à une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis.

Il a également été condamné à verser 1 200 euros au mémorial du camp de concentration de Ladelund.


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