Le gouvernement français a informé le ministère israélien de la Défense de sa décision d’interdire la participation officielle de l’État d’Israël au salon international de l’armement Eurosatory, considéré comme le plus important salon européen consacré à la défense terrestre et aéroterrestre. Prévu à Paris ce mois-ci, l’événement ne pourra ainsi accueillir ni pavillon national israélien ni représentation officielle du ministère israélien de la Défense.
Selon les autorités israéliennes, les industriels de défense du pays ne seront autorisés à présenter que des systèmes de défense, notamment dans le domaine de la défense aérienne, tandis que l’exposition de systèmes qualifiés d’« offensifs » sera interdite. Une mesure que Jérusalem juge discriminatoire et contraire aux usages habituellement en vigueur lors des grands salons internationaux de l’armement.
Dans un communiqué, le ministère israélien de la Défense a dénoncé une décision « honteuse », motivée selon lui par des considérations politiques et commerciales. Les autorités israéliennes estiment que cette mesure crée une inégalité de traitement avec les autres exposants internationaux et vise spécifiquement l’industrie de défense israélienne.
Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre Paris et Jérusalem. Elle survient notamment au lendemain de la condamnation par la France de l’extension des opérations militaires israéliennes au Liban. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a qualifié l’avancée de l’armée israélienne en territoire libanais d’« extrêmement préoccupante », estimant que « rien ne peut justifier la prolongation des opérations militaires au Liban » et réclamant la tenue d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies.
La décision française concernant Eurosatory n’est pas sans précédent. En mai 2024, l’Élysée avait déjà demandé l’exclusion des entreprises israéliennes du salon Eurosatory, invoquant alors la situation à Gaza. Cette mesure avait suscité une vive polémique et donné lieu à des recours judiciaires. Plusieurs décisions de justice avaient ensuite conduit à un assouplissement partiel des restrictions imposées aux exposants israéliens. Des restrictions similaires avaient également été observées lors d’autres salons de défense organisés en France au cours de l’année 2024 et en 2025.