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85 ans du Farhoud, le pogrom oublié contre les Juifs d'Irak

Le 1er juin 2026, il y a 85 ans jour pour jour, la communauté juive d’Irak basculait dans l’horreur du Farhoud.

3 minutes
1 juin 2026

ParGuitel Benishay

85 ans du Farhoud, le pogrom oublié contre les Juifs d'Irak
Alya des Juifs d'Irak. Photo: Teddy Brauner GPO

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Le 1er juin 1941, une foule irakienne entre dans les quartiers juifs et massacrent la population: c'est le Farhoud qui aura duré deux jours sanglants.

Ce pogrom méconnu, dont le nom signifie « dépossession violente », a marqué le début de la fin pour l’une des plus anciennes communautés juives du monde, installée en Mésopotamie depuis l’exil de Babylone.

Pour comprendre le drame, il faut plonger dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale. En avril 1941, un coup d’État mené par le nationaliste pro-nazi Rachid Ali al-Gillani renverse le gouvernement irakien pro-britannique. Soutenu par la propagande intense du Grand Mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, alors réfugié à Bagdad, le nouveau régime diffuse une haine antisémite virulente à la radio et dans les écoles.

Fin mai, l’armée britannique intervient et met en fuite les insurgés. C’est précisément durant ce moment de flottement, entre la chute du gouvernement pro-nazi et l'entrée des troupes britanniques dans Bagdad, que le pogrom contre les Juifs se produit.

Le 1er juin 1941, alors que les Juifs de Bagdad célèbrent la fête de Chavouot, une foule en colère composée de soldats démobilisés, de policiers mutins et de pillards locaux envahit les quartiers juifs.

Pendant deux jours, la violence se déchaîne sans que les forces de l'ordre n'interviennent. Le bilan est lourd : 180 morts et des centaines de blessés, des viols et des mutilations sytématiques, 900 habitations détruites et près de 600 commerces pillés et incendiés.

Le massacre ne prend fin que le 2 juin, lorsque le régent d'Irak loyaliste reprend le contrôle de la ville et impose un couvre-feu strict.

Si la communauté juive tente de reconstruire sa vie après le drame, le Farhoud a brisé un pacte de coexistence vieux de 2 500 ans. La confiance est rompue. Ce traumatisme psychologique agit comme le catalyseur de l'émigration massive qui suivra quelques années plus tard.

Entre 1950 et 1951, l’opération de sauvetage aéroportée Ezra et Néhémie vide l'Irak de la quasi-totalité de ses forces vives juives. Plus de 120 000 personnes fuient vers le jeune État d'Israël, abandonnant leurs biens et leur citoyenneté.

En ce jour de commémoration, le souvenir du Farhoud longtemps occulté par les grands drames de la Seconde Guerre mondiale en Europe, demeure une blessure ouverte pour les descendants des Juifs irakiens à travers le monde et pour le peuple juif dans son ensemble.

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