À Jérusalem, de hauts responsables politiques estiment que le président américain Donald Trump a décidé, à ce stade, de suspendre une éventuelle frappe militaire contre l’Iran, sans pour autant retirer l’option militaire de la table. À la Maison-Blanche, une réévaluation stratégique est en cours afin de déterminer la meilleure ligne d’action pour affaiblir le régime des ayatollahs. De nouvelles recommandations devraient être présentées au président dans les prochains jours.
Selon ces mêmes sources, la décision de geler temporairement une attaque repose sur plusieurs facteurs majeurs.
Premièrement, une pression diplomatique régionale
L’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis et la Turquie auraient appelé Washington à éviter, pour l’heure, toute frappe, redoutant un bouleversement grave de l’équilibre régional. Un responsable saoudien a indiqué à l’AFP que Riyad, Doha et Oman avaient convaincu Donald Trump de « donner une chance à l’Iran », avertissant qu’une attaque contre Téhéran entraînerait de « lourdes conséquences ». Ces pays maintiennent un dialogue constant avec l’administration américaine sur ce dossier.
Deuxièmement, un dispositif militaire jugé encore insuffisant
Selon Fox News, les États-Unis n’auraient pas encore concentré des forces suffisantes au Moyen-Orient pour mener une opération d’envergure. En conséquence, Donald Trump a ordonné un renforcement du dispositif : le porte-avions Abraham Lincoln est en route depuis la mer de Chine, tandis que les systèmes de défense aérienne sont également renforcés. Des sources sécuritaires ont confirmé ces informations.
Troisièmement, la crainte d’un coût stratégique élevé.
À Washington, on redoute qu’une frappe déclenche des représailles contre des bases américaines dans le Golfe, des cibles stratégiques en Israël, ainsi que contre les infrastructures énergétiques des États du Golfe. Un tel scénario pourrait provoquer une flambée brutale des prix du pétrole à l’échelle mondiale.
Selon des responsables sécuritaires de haut niveau, Donald Trump serait arrivé à la conclusion qu’à ce stade, le coût d’une attaque dépasserait les bénéfices attendus. Ses conseillers n’auraient pas été en mesure de lui garantir une opération rapide, efficace et susceptible d’ébranler réellement le régime iranien.
Parallèlement, les consultations entre Washington et Jérusalem se poursuivent à un rythme soutenu. Le secrétaire d’État américain s’est entretenu à trois reprises cette semaine avec le Premier ministre Benjamin Netanyahou. De son côté, le sénateur républicain Lindsey Graham, proche de Donald Trump et allié d’Israël, devrait se rendre prochainement en Israël afin de renforcer la coordination avec le gouvernement israélien.