Comme IsraJ l'annonçait tard dans la soirée d'hier, selon Iran International, le Conseil des experts a désigné Mojtaba Khamenei pour succéder à son père, Ali Khamenei. Ce matin, plusieurs sources iraniennes citées par le New York Times, confirment que les 88 religieux chiites membres du Conseil des experts, chargés de désigner le guide suprême, ont tenu deux réunions virtuelles mardi, l’une le matin et l’autre le soir, pour discuter de la succession. Certains d’entre eux redoutent toutefois qu’une annonce rapide ne transforme Mojtaba Khamenei en cible potentielle d’assassinat pour Israël ou les États-Unis. La chaîne d’opposition Iran International affirme que la décision serait déjà prise, mais cette information n’a pas été confirmée officiellement par Téhéran.
Plusieurs analystes estiment que la probable désignation du fils de Khamenei reflète surtout l’influence considérable des Gardiens de la révolution dans les cercles de pouvoir iraniens. Ali Nasser, spécialiste de l’Iran à l’université Johns Hopkins, explique que Mojtaba Khamenei était depuis longtemps considéré comme un héritier potentiel : « S’il est choisi aujourd’hui, cela signifie que l’aile la plus dure des Gardiens de la révolution domine désormais le processus décisionnel ».
Selon trois sources iraniennes proches des discussions internes, les Gardiens de la révolution auraient activement soutenu sa candidature, estimant qu’il possède les compétences nécessaires pour diriger l’Iran dans la crise actuelle.
Âgé de 56 ans, Mojtaba Khamenei est le deuxième fils du guide suprême. Clerc de rang intermédiaire, il enseigne la théologie chiite dans un séminaire religieux à Qom, centre majeur de la vie religieuse iranienne.
Bien qu’il n’ait jamais occupé de fonction officielle dans l’appareil d’État, il est considéré depuis longtemps comme un personnage très influent au sein du régime. Plusieurs analystes le décrivent comme un « gardien du pouvoir » dans l’entourage de son père. En 2019, les États-Unis lui avaient d’ailleurs imposé des sanctions, estimant qu’il agissait de facto au nom du guide suprême.
Proche des milieux conservateurs les plus durs, Mojtaba Khamenei a soutenu la répression des mouvements de contestation en Iran et prône une ligne ferme face aux ennemis du régime.
Selon les autorités iraniennes, les frappes israéliennes menées samedi ont tué, en plus d’Ali Khamenei, plusieurs membres de la famille de Mojtaba, dont son épouse Zahra Adel, son fils et sa mère.
Pour certains analystes iraniens, sa nomination représenterait une continuité idéologique claire avec la politique menée par son père. D’autres estiment toutefois qu’il pourrait adopter une ligne plus pragmatique.
Mehdi Rahmati, analyste basé à Téhéran, affirme qu’il s’agit du candidat « le plus logique » dans la situation actuelle, en raison de sa connaissance des appareils sécuritaires et militaires. Il prévient toutefois que cette décision pourrait provoquer une réaction hostile d’une partie de la population iranienne et des opposants au régime.
Deux autres personnalités étaient également évoquées pour la succession : l’ayatollah Ali-Reza Arafi, membre de la direction intérimaire qui assure les fonctions du guide suprême, et Hassan Khomeini, petit-fils du fondateur de la République islamique, considéré comme plus proche du camp réformateur.
Si elle se confirme, l’accession de Mojtaba Khamenei marquerait seulement la deuxième succession au poste de guide suprême depuis la révolution islamique de 1979. La première avait eu lieu en 1989, après la mort de l’ayatollah Khomeini, fondateur du régime.
Dans le contexte de bombardements israéliens et américains visant l’Iran, les autorités semblent vouloir désigner rapidement un successeur afin de projeter une image de stabilité et de continuité du pouvoir.
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