Société

Violents affrontements entre manifestants ultra-orthodoxes et police à Jérusalem

Ils s'opposent à l’autopsie de deux nourrissons décédés dans une crèche

4 minutes
19 janvier 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Violents affrontements entre manifestants ultra-orthodoxes et police à Jérusalem

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Les affrontements font suite de la décision du tribunal de paix de Jérusalem d’autoriser l’autopsie des corps de deux nourrissons décédés dans une crèche non supervisée de la capitale. Des centaines d’ultra-orthodoxes appartenant aux courants les plus radicaux sont descendus dans la rue pour protester contre cette décision judiciaire, donnant lieu à de violents heurts avec les forces de l’ordre.

Les manifestations se sont déroulées alors que la justice examinait la demande du parquet visant à pratiquer une autopsie sur les corps de Lia Goloventchitz, âgée de trois mois, et d’Aharon (Ari) Katz, six mois, morts dans des circonstances encore indéterminées. Les familles des deux nourrissons, opposées à toute autopsie pour des raisons religieuses, ont annoncé leur intention de faire appel devant la Cour suprême. Selon les premières évaluations de l’Institut médico-légal d’Abou Kabir, les nourrissons ne seraient pas décédés d’un empoisonnement. L’hypothèse privilégiée à ce stade est celle d’une déshydratation provoquée par une chaleur excessive, liée au fonctionnement d’un climatiseur réglé sur une température élevée dans une pièce fermée.

Sur le terrain, des manifestants ont bloqué le carrefour Shmuel Hanavi à Jérusalem et incendié des poubelles rue Yehezkel. À Beit Shemesh, des scènes similaires ont été signalées rue Nahar HaYarden. Les forces de police ont fait usage de matraques, de grenades assourdissantes et de canons à eau pour tenter de disperser les foules. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent un enfant projeté par un jet de canon à eau vers les roues d’un véhicule en circulation, à quelques mètres d’un drame. D’autres séquences documentent des policiers frappant à plusieurs reprises des manifestants qui bloquaient des bus. Dans un autre incident, des protestataires ont brisé les vitres d’un camion pris au milieu de la foule.

Les slogans scandés dénonçaient ce que les manifestants qualifient de « profanation des morts ». « Les morts d’Israël ne sont pas abandonnés », criaient-ils dans les rues de Jérusalem. Les méthodes employées rappellent des scènes survenues moins de deux semaines plus tôt, lorsqu’un adolescent de 14 ans, Yossef Eisenstahl, avait été mortellement percuté par un bus lors d’une manifestation contre la conscription. À l’époque, des manifestants s’étaient agrippés au véhicule et avaient encerclé le conducteur, qui avait accéléré pour s’échapper.

Dans ce contexte, le rabbin Moshe Sternbuch, figure centrale du courant ultra-orthodoxe radical connu sous le nom de courant de Jérusalem, a appelé ses disciples à sortir massivement manifester, affirmant qu’il s’agissait d’une obligation religieuse de protester contre les autopsies et la « profanation des morts ».

La police a indiqué que des unités du district de Jérusalem et de la police des frontières étaient déployées dans les secteurs concernés afin de rétablir l’ordre public. Elle a dénoncé des violences graves, des incendies volontaires et des blocages d’axes de circulation, soulignant que ces actes constituent des infractions pénales, mettent des vies en danger et pourraient se solder par une catastrophe majeure.

Sur le plan médical, l’enquête se poursuit. Le Dr Sa’ar Hashavia, chef des urgences pédiatriques à l’hôpital Hadassah Ein Kerem, a déclaré qu’aucun élément ne permettait à ce stade d’évoquer un empoisonnement, qu’il s’agisse d’un gaz ou d’une autre substance. Les niveaux de dioxyde de carbone relevés dans le sang des enfants examinés étaient normaux, réduisant fortement cette hypothèse. D’autres pistes restent à l’étude, notamment une intoxication alimentaire, une exposition à des substances toxiques ou un étouffement accidentel. Certaines analyses toxicologiques sont encore en cours, mais aucun symptôme clinique caractéristique d’un empoisonnement n’a été observé chez les enfants évacués de la crèche.

Par la voix de son avocat, Me Uri Korb, la directrice de la crèche a exprimé sa profonde tristesse. Il a rappelé qu’elle dirigeait l’établissement depuis des décennies avec le soutien et la confiance des parents, qu’elle coopérait pleinement avec les autorités et qu’elle ignorait les circonstances exactes de ce drame. Il a par ailleurs rejeté plusieurs informations relayées dans les médias, qualifiées d’inexactes, notamment celles évoquant des enfants placés pour dormir dans des toilettes ou sur des étagères à l’intérieur d’armoires.

Alors que l’enquête judiciaire et médicale se poursuit, les autorités redoutent de nouvelles flambées de tensions autour de la procédure d’autopsie.

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