Un débat inhabituel s’ouvre en Suisse autour de l’Union des associations européennes de football -UEF- :Des élus du canton de Vaud s’apprêtent à voter sur l’ouverture d’une procédure visant à réexaminer le statut d’exonération fiscale dont bénéficie l’organisation, dont le siège est situé à Nyon. En toile de fond : les accusations d’inaction de l’UEFA face au football israélien.
Selon ces élus, le maintien de l’affiliation de la Fédération israélienne de football, y compris de clubs évoluant dans des zones qualifiées de « territoires occupés », serait incompatible avec les principes ayant justifié l’octroi de cet avantage fiscal. L’UEFA bénéficie depuis des années d’un régime fiscal favorable, en tant qu’organisation sportive internationale censée promouvoir la paix, l’égalité et la lutte contre les discriminations.
À l’origine de cette initiative figurent quatre membres du conseil cantonal, qui dénoncent une application sélective des règles par l’instance européenne. Ils estiment que l’UEFA trahit ses propres valeurs en refusant de suspendre Israël, alors qu’elle a exclu la Russie des compétitions européennes à la suite de l’invasion de l’Ukraine.
L’un des promoteurs de la démarche, Théophile Schenker, a déclaré à des médias internationaux que « la seule justification à l’exonération fiscale est l’attente que les organisations sportives œuvrent pour la paix. Tant qu’Israël reste membre, l’UEFA ne respecte pas cette condition ». Selon lui, la position de l’UEFA serait en contradiction avec le droit international.
Il convient toutefois de nuancer la portée de la démarche. Le vote attendu ne viserait pas à supprimer immédiatement l’exonération fiscale, mais à contraindre les autorités cantonales à ouvrir une procédure officielle : demander des explications à l’UEFA et vérifier si elle respecte toujours les critères requis. En cas de conclusion défavorable, l’organisation pourrait être amenée à payer des montants fiscaux importants, tout en conservant la possibilité de faire appel devant les tribunaux.