La pression monte simultanément sur les plans diplomatique, militaire et politique. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu devrait se rendre aux États-Unis à la fin du mois de février afin de participer à la conférence annuelle de l’AIPAC, prévue du 22 au 24 février à Washington. Selon des sources proches du bureau du Premier ministre, une rencontre avec le président américain Donald Trump est également envisagée, sans confirmation officielle à ce stade. Si aucune frappe américaine n’intervenait d’ici là contre l’Iran, le dossier iranien devrait s’imposer comme l’un des sujets centraux des échanges entre les deux dirigeants, alors que les tensions atteignent un niveau inédit depuis plusieurs années.
Sur le terrain, les États-Unis poursuivent un renforcement progressif de leur présence militaire au Moyen-Orient. Une escadrille de chasseurs F-15E Strike Eagle de l’US Air Force a été déployée dans la région ces derniers jours. Le Commandement central américain -CENTCOM- a confirmé l’arrivée d’au moins un appareil, soulignant que cette présence « renforce la préparation opérationnelle et contribue à la stabilité régionale ». Parallèlement, deux avions de transport stratégique C-17A Globemaster III ont décollé du Royaume-Uni en direction d’une base en Jordanie, dans le cadre du soutien logistique aux forces aériennes américaines. À plus long terme, les porte-avions USS Abraham Lincoln et USS Gerald Ford sont également en route vers la zone, même si leur arrivée prendra encore plusieurs semaines.
En réponse, l’Iran hausse le ton. Une commission du Parlement iranien a affirmé qu’une attaque visant le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, serait assimilée à une déclaration de guerre contre le monde islamique, et pourrait conduire à l’émission d’une fatwa appelant au jihad. Des propos qui font écho aux déclarations récentes du président iranien Massoud Pezeshkian, qui a averti qu’une atteinte au guide suprême entraînerait une « guerre totale », après que Donald Trump a évoqué publiquement la nécessité d’un changement de régime à Téhéran.
Sur le front intérieur iranien, les manifestations massives observées début janvier ont nettement diminué, mais la coupure quasi totale d’Internet se poursuit. Le régime maintient la plus longue interruption numérique de l’histoire de la République islamique, initiée le 8 janvier, au moment où les protestations contre le pouvoir ont atteint leur apogée. Selon les chiffres officiellement reconnus par Téhéran, au moins 5 000 personnes ont été tuées lors de la répression menée par les Gardiens de la révolution. Le blocage de l’accès à Internet vise à empêcher toute coordination entre les manifestants et à limiter la diffusion d’images de la répression à l’étranger. Même lorsque la connexion est partiellement rétablie, de nombreux services, dont Google, restent largement inaccessibles.
Dans ce contexte explosif, Israël demeure en état de vigilance élevé, suivant de près les mouvements américains et les signaux en provenance de Téhéran. Le déplacement éventuel de Netanyahu à Washington pourrait ainsi s’inscrire dans un moment charnière, où diplomatie, dissuasion militaire et calculs politiques s’entremêlent étroitement.
L’équation reste ouverte : dissuasion renforcée, initiative diplomatique ou basculement vers l’escalade. À ce stade, aucune option ne semble écartée.
POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER QUOTIDIENNE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIl CLIQUEZ ICI : https://israj.media-j.com/newsletter
POUR RECEVOIR NOS INFORMATIONS EN DIRECT SUR WHATSAPP CLIQUEZ ICI http://tiny.cc/IsrajInfoIsrael