Société

Violences dans le secteur arabe : grève générale et manifestations d'ampleur

L’année 2025 a été la plus meurtrière jamais enregistrée pour la société arabe, avec 252 victimes d’homicides

4 minutes
22 janvier 2026

ParJohanna Afriat

Violences dans le secteur arabe : grève générale et manifestations d'ampleur
Des manifestants contre la violence dans le secteur arabe Erik Marmor/FLASH90

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Une grève générale nationale a été décrétée ce jeudi dans le secteur arabe afin de protester contre l’incapacité persistante de la police à enrayer la criminalité violente qui frappe cette communauté. La mobilisation intervient dans un contexte particulièrement sombre : l’année 2025 a été la plus meurtrière jamais enregistrée pour la société arabe, avec 252 victimes d’homicides. Depuis le début du mois de janvier, 20 autres personnes ont déjà perdu la vie.

Selon plusieurs sondages menés au cours de l’année écoulée, une large majorité des citoyens arabes exprime une profonde défiance à l’égard des forces de l’ordre, accusées d’inefficacité et d’inaction face aux réseaux criminels.

La grève a paralysé la quasi-totalité des villes et villages arabes du pays. Le mouvement trouve son origine à Sakhnin, où une grève locale avait été déclenchée après une série de fusillades visant des commerces, dans le cadre de rackets de protection. La ville était déjà à l’arrêt depuis trois jours avant l’appel à la mobilisation nationale.

Le Haut Comité de Suivi, principale instance représentative de la société arabe, a appelé à une marche de protestation à Sakhnin, reliant une mosquée de la ville au poste de police local. Les manifestants exigeaient une action ferme contre les extorsions qui asphyxient de nombreuses entreprises arabes. Dans le sud du pays, les citoyens bédouins se sont également joints au mouvement, avec une manifestation parallèle prévue à Rahat, la plus grande ville bédouine d’Israël.

La marche a réuni environ 50 000 personnes.

Le maire de Sakhnin, Mazen Ghnaim, a directement mis en cause le Premier ministre Benyamin Netanyahou. « Il est responsable de la sécurité de chaque citoyen, juif comme arabe », a-t-il déclaré, accusant le gouvernement d’indifférence face aux meurtres. Selon lui, de tels niveaux de violence « ne peuvent exister dans un État gouverné sérieusement ». Ghnaim a également affirmé avoir tenté à plusieurs reprises de contacter le Premier ministre, sans jamais obtenir de réponse.

« Nous ne sommes pas contre la police ni contre la population juive, mais contre la politique du gouvernement », a-t-il ajouté, appelant les responsables juifs des collectivités locales à se joindre à la grève. Il a averti que des blocages routiers à Tel-Aviv, Jérusalem et ailleurs pourraient suivre si aucune mesure concrète n’était prise.

Le chef du parti Hadash-Ta’al, le député Ayman Odeh, a qualifié la grève d’« étape majeure vers une désobéissance civile pacifique ». « Ce qui a commencé avec un commerçant de Sakhnin qui a dit “ça suffit” s’est transformé en un cri collectif pour la vie et la dignité », a-t-il déclaré, promettant la poursuite de la mobilisation jusqu’à ce que la sécurité soit garantie aux enfants de la communauté.

Face à ces critiques, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, en charge de la police, a accusé les dirigeants arabes de « double discours ». Selon lui, ceux-ci dénoncent l’inaction policière tout en s’opposant aux opérations menées dans les localités arabes. Il a notamment cité la contestation de récents raids policiers dans des villes bédouines comme preuve, selon lui, d’un soutien tacite aux organisations criminelles.

Ben Gvir affirme avoir alloué des ressources importantes à la lutte contre le crime, évoquant un nombre record d’arrestations et des saisies de biens évaluées à plusieurs milliards de shekels. Il accuse toutefois les responsables politiques arabes de ne pas agir suffisamment pour prévenir la criminalité.

Malgré ces déclarations, les chiffres restent alarmants : depuis la prise de fonction de Ben Gvir à la tête du ministère de la Sécurité nationale en 2023, le taux d’homicides au sein de la société arabe a doublé, alimentant une colère et une frustration croissantes.


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