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Iran, où en est-on ?

Les signaux envoyés par Washington se font de plus en plus lourds, sans pour autant lever le flou sur les intentions américaines, en parallèle, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a tenu dans la nuit une réunion sécuritaire restreinte consacrée notamment au dossier iranien.

4 minutes
23 janvier 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Iran, où en est-on ?
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Le porte-avions américain USS Abraham Lincoln poursuit sa route vers le Moyen-Orient et devrait atteindre la zone dans les prochains jours. Initialement déployé en mer de Chine méridionale, le bâtiment a été redirigé sur fond de menaces proférées la semaine dernière par le président américain Donald Trump, après l’annonce par Téhéran de possibles exécutions de manifestants.
Selon une source américaine, Washington examine également un renforcement de ses systèmes de défense aérienne dans la région, en complément des moyens militaires déjà présents, tandis que des avions de combat américains ont été récemment déployés en Jordanie afin d’élargir l’éventail des options opérationnelles à disposition de la Maison-Blanche.

Interrogé sur la possibilité d’une frappe américaine si l’Iran procédait à des exécutions publiques, Donald Trump a soigneusement évité toute réponse directe. « Je ne veux pas me placer dans cette position. Dire cela serait stupide », a-t-il déclaré lors d’un entretien accordé à Fox Business.
Quelques heures plus tard, s’adressant aux journalistes à bord de l’Air Force One, sur le chemin du Forum de Davos, le président américain a toutefois durci le ton : « Nous surveillons l’Iran. Beaucoup de navires sont en route, une grande flotte se dirige vers la région. Nous espérons qu’il ne se passera rien, mais ils savent ce que nous voulons. Nous avons une armada massive en route – peut-être n’aurons-nous pas besoin de l’utiliser. »

Trump a également affirmé avoir empêché l’exécution de 837 personnes, ajoutant que ce qui avait été fait contre le programme nucléaire iranien n’était que « de la petite monnaie ». Interrogé sur un éventuel départ du Guide suprême Ali Khamenei, il a éludé : « Je ne veux pas entrer dans ce sujet, mais ils savent ce que nous voulons. »

Le président américain a par ailleurs évoqué des bilans humains très divergents concernant les violences en Iran, reconnaissant entendre « des chiffres différents ». De son côté, un centre d’opposition iranien basé à l’étranger affirme que 43 000 personnes auraient été tuées, 350 000 blessées et près de 10 000 rendues aveugles, des chiffres impossibles à vérifier de manière indépendante.
Les autorités iraniennes parlent, elles, d’environ 3 000 morts, tout en accusant des « forces hostiles » d’avoir transformé des manifestations légitimes en affrontements sanglants. Selon l’organisation NetBlocks, plus de 336 heures après la coupure massive, l’accès à Internet en Iran demeure très limité, voire inexistant dans de nombreuses régions.

À Jérusalem, Benyamin Netanyahu a convoqué, cette nuit, une réunion sécuritaire restreinte avec le ministre de la Défense Israël Katz et les chefs des services de sécurité. Il ne s’agissait pas d’une session formelle du cabinet de sécurité, mais il est largement admis que les discussions ont porté sur l’Iran, Gaza et plusieurs dossiers régionaux sensibles.

Au sein de Tsahal, on souligne que la finalisation du déploiement américain ne constitue pas en soi un signal automatique de déclenchement d’une opération. Israël affirme ne disposer, à ce stade, d’aucune information précise sur le calendrier, l’ampleur ou les objectifs d’une éventuelle frappe américaine contre l’Iran. Les autorités sécuritaires insistent également sur le fait qu’aucun changement n’a été décidé dans les consignes adressées à la population.

Ankara et Téhéran unis contre toute intervention étrangère

Dans ce contexte, le président turc Recep Tayyip Erdoğan s’est entretenu avec son homologue iranien Masoud Pezeshkian, affirmant que la Turquie « s’oppose à toute intervention étrangère en Iran » et privilégie la stabilité régionale. Pezeshkian a, pour sa part, adressé un message à la population iranienne, évoquant « une épreuve douloureuse » et accusant une « conspiration américano-sioniste » d’être à l’origine de la violence. Il a promis de distinguer les manifestants des auteurs d’actes violents et de dédommager les victimes, tout en affirmant que les autorités entendaient reprendre le contrôle de la situation.

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