Selon plusieurs responsables politiques de haut rang, les récentes déclarations du président américain Donald Trump – soutien public aux manifestants iraniens et menaces à peine voilées d’une action militaire – ne relèvent pas de l’improvisation, mais d’un scénario mûrement réfléchi. À Washington, l’option militaire n’aurait jamais été écartée. Elle aurait simplement été ajustée au rythme des évolutions sur le terrain. L’essoufflement rapide du dernier cycle de manifestations en Iran, après plusieurs nuits de répression violente, a réduit l’urgence d’une intervention immédiate, sans pour autant remettre en cause l’intention stratégique. L’hypothèse d’une action militaire resterait d’actualité, déclenchée au moment jugé le plus opportun.
Selon ces sources, l’administration américaine pourrait chercher à synchroniser une opération militaire avec un éventuel regain de la contestation intérieure en Iran, notamment autour de Reza Pahlavi, fils du chah renversé lors de la révolution islamique de 1979, perçu à Washington comme un catalyseur symbolique plus que comme une alternative de pouvoir immédiate.
Dans ce contexte, la discrétion inhabituelle d’Israël tranche avec la rhétorique plus offensive du passé. Mais ce silence n’est ni un désengagement ni un signe de désintérêt. Il s’agit, selon les mêmes sources, d’un choix tactique assumé : laisser les États-Unis occuper le devant de la scène face à l’Iran. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu serait pleinement informé des intentions américaines et en coordination étroite avec Trump. Israël se réserve toutefois le droit d’agir immédiatement en cas d’attaque iranienne directe, y compris par missiles balistiques. Dans un tel scénario, Tsahal interviendrait pour neutraliser les lanceurs et les capacités de production. Depuis l’opération « Am ke'lavi » menée en juin 2025, un nouveau cycle de confrontation avec l’Iran est déjà envisagé. Pour de nombreux responsables sécuritaires, la question n’est plus de savoir si un nouvel affrontement aura lieu, mais quand et selon quelles modalités.
Côté iranien, l’état d’alerte est élevé depuis plusieurs mois. Les dispositifs de sécurité ont été renforcés, dans le but d’empêcher la répétition d’éliminations ciblées de hauts responsables des Gardiens de la Révolution, comme lors de la précédente opération. Selon plusieurs évaluations occidentales, ce type de scénario figure toujours parmi les options envisagées par Washington. Pour autant, Trump ne chercherait pas une guerre d’usure prolongée, mais des frappes courtes, puissantes et ciblées. L’objectif : obtenir des résultats rapides, modifier l’équilibre des forces et favoriser, à terme, un changement de leadership à Téhéran, sans basculer dans une guerre régionale totale.