Contre toute attente, la contestation la plus ferme à l’idée d’un retrait israélien de l’accord de Paris ne vient pas des ONG environnementales, mais du patronat. Le président de la Fédération des industriels, le Dr Ron Tomer, a adressé cette semaine une lettre au Premier ministre Benyamin Netanyahou pour l’exhorter à bloquer l’initiative portée par les ministres Idit Silman et Gideon Sa’ar visant à retirer Israël de l’accord climat de l’ONU.
Selon Tomer, une telle décision « porterait gravement atteinte à la compétitivité d’Israël sur les marchés internationaux ». La réduction des émissions est devenue, affirme-t-il, une condition d’accès à la plupart des marchés occidentaux. Une sortie de l’accord placerait Israël dans une situation d’isolement économique, l’exposant à des barrières commerciales, à l’exclusion de chaînes d’approvisionnement mondiales et à un affaiblissement de son attractivité pour les investisseurs.
Le risque est particulièrement aigu vis-à-vis de l’Union européenne, qui a instauré des mécanismes de taxation carbone aux frontières. Les entreprises israéliennes pourraient se voir refuser l’accès à certains marchés ou perdre des contrats avec des groupes internationaux intégrant des critères climatiques stricts dans leurs politiques d’achats.
Les conséquences financières inquiètent tout autant : fonds d’investissement, banques et institutions internationales conditionnent de plus en plus leurs financements à des engagements climatiques mesurables. Une rupture officielle avec l’accord de Paris pourrait pénaliser la notation de sociétés israéliennes et réduire leur accès au capital.
Ce positionnement est d’autant plus remarquable que la Fédération des industriels s’est souvent opposée à un durcissement de la régulation environnementale. Mais, souligne Tomer, même si Israël peine à respecter ses objectifs climatiques, son maintien dans l’accord permet encore aux entreprises de commercer, d’investir et de coopérer avec les économies avancées.
En toile de fond, la pression politique : des discussions ont récemment eu lieu au ministère des Affaires étrangères sur une éventuelle sortie de l’accord, dans un contexte de rapprochement avec la ligne climatique de l’administration Trump. Une option qui, selon de nombreux experts, ferait d’Israël un cas quasi unique sur la scène internationale.
Pour les industriels, le calcul est clair : au-delà du débat idéologique sur le climat, une telle décision risquerait surtout de coûter très cher à l’économie israélienne.
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