Les médias proches du gouvernement s’efforcent de calmer le jeu. Ils mettent en avant la « préparation à tous les scénarios », la résilience de l’État et la nécessité de l’unité nationale face aux menaces extérieures, notamment celles de Donald Trump. Le vocabulaire est martial mais maîtrisé : vigilance, sang-froid, rationalité stratégique.
À l’inverse, une large partie de la presse réformatrice et économique parle d’un pays au bord du décrochage. Les mots « urgence », « impasse » et « point de non-retour » reviennent avec insistance. Les éditorialistes soulignent que la pression extérieure ne fait qu’exposer des fragilités internes déjà profondes.
Dans les pages économiques, le ton est nettement plus sombre. Plusieurs quotidiens dénoncent ce qu’ils qualifient de « choc économique mal calibré ». La flambée des prix alimentaires est décrite comme un basculement social : ce n’est plus seulement la pauvreté, mais la classe moyenne qui vacille.
Des économistes cités par la presse alertent sur une rupture du contrat social. La dévaluation et la suppression des mécanismes de protection sont présentées comme un transfert de richesse vers des groupes déjà favorisés, au détriment de la majorité silencieuse. Certains journaux parlent ouvertement d’un « suicide économique progressif ».
Les événements de janvier 2026 ont marqué un tournant dans le discours médiatique. Même des titres traditionnellement prudents s’interrogent sur le coût humain et politique de la répression. La distinction officielle entre « manifestants légitimes » et « éléments hostiles » est relayée, mais souvent accompagnée de réserves ou de questions implicites.
Des tribunes dénoncent l’absence de débouché politique et l’usage excessif de la force. Le mot qui revient le plus n’est pas « sécurité », mais « aveuglement ». Plusieurs commentateurs estiment que la réponse strictement sécuritaire transforme une contestation sociale en crise existentielle.
La coupure prolongée d’Internet occupe une place centrale dans les analyses. Dans la presse économique et sociale, elle est décrite comme une faute stratégique majeure. Non seulement elle asphyxie l’économie numérique, mais elle détruit ce qui restait de confiance entre l’État et la population.
Des chroniqueurs parlent de « silence imposé » et de « pénombre informationnelle ». Le public, privé de repères fiables, se réfugie dans les rumeurs et les réseaux cryptés, ce qui alimente encore la défiance. Pour plusieurs journaux, cette politique sécuritaire produit l’effet inverse de celui recherché.
Au fil des articles, une question traverse presque toutes les publications : le problème de l’Iran est-il vraiment extérieur ? Une partie croissante de la presse répond clairement par la négative. Les menaces étrangères sont perçues comme un catalyseur, non comme la cause première.
Des voix appellent à une réorientation stratégique : réformes politiques, ouverture diplomatique, changement de discours régional. Sans cela, avertissent-elles, la République islamique risque moins une défaite militaire qu’un effondrement lent de sa légitimité interne.
À travers ses journaux, l’Iran donne ainsi à voir une société qui doute, questionne et alerte.
La presse ne parle plus seulement de sanctions ou de menaces, mais d’un lien brisé entre le pouvoir et la population. Un signal faible, peut-être mais répété, persistant, et de plus en plus difficile à ignorer.
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