Sécurité

Un agent du Mossad au cœur de l’Iran : « Un lanceur de missiles balistiques était prêt à tirer sur Israël. Nous l’avons détruit »

Pour la première fois, un agent du Mossad ayant opéré sur le sol iranien a témoigné publiquement, dans une interview accordée à l’émission Uvda il est revenu sur sa participation directe à l’opération israélienne menée dans la nuit du 12 au 13 juin 2025, lors de la guerre dite « Am ke'lavi ».

3 minutes
30 janvier 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Un agent du Mossad au cœur de l’Iran : « Un lanceur de missiles balistiques était prêt à tirer sur Israël. Nous l’avons détruit »
« J’étais les yeux du Mossad dans cette mission ». Aresh (nom d’emprunt), agent iranien du Mossad, Photo : Uvda

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Né et élevé en Iran, Aresh -nom d'emprunt- a servi dans l’armée iranienne et étudié à l’université avant de rompre avec le régime. Le tournant, raconte-t-il, survient durant son enfance, lorsqu’une de ses sœurs est arrêtée et battue pour avoir retiré son hijab. Sa famille finit par quitter l’Iran, mais la rupture avec le régime est définitive.

À 30 ans, il franchit un pas irréversible : contacter le Mossad. « Ce n’est pas l’ennemi de mon pays, c’est l’ennemi du régime. L’ennemi de mon ennemi peut devenir mon allié ».Après des années de formation, de contacts clandestins et de préparation, il se retrouve au cœur d’une opération d’une extrême sensibilité. « Notre mission était d’assembler un système d’armes très précis et d’être prêts à tirer. Moi, j’étais les yeux du Mossad sur le terrain. »

Dans la nuit de l’attaque israélienne, Aresh et son équipe se déplacent depuis une planque vers leur point d’action : « Nous étions dans un véhicule, avec un lanceur et des missiles. Le camouflage était parfait. Personne ne pouvait nous identifier. »

Après plus de deux heures d’attente, l’ordre tombe. « Lorsque nous avons tiré, les missiles étaient équipés de caméras. J’ai vu la cible : un lanceur de missiles balistiques prêt à tirer sur Israël. Nous l’avons détruit. »

Ce témoignage confirme, pour la première fois, l’existence d’actions offensives israéliennes menées directement depuis l’intérieur du territoire iranien, en parallèle aux frappes aériennes et aux éliminations ciblées.

Mais l’enquête révèle aussi une faille stratégique majeure. Malgré la puissance de la frappe initiale - élimination de scientifiques, neutralisation de hauts responsables et destruction de systèmes de défense aérienne - le site nucléaire de Fordow, enfoui profondément sous la montagne, n’avait pas de solution opérationnelle immédiate. « Je pensais que Fordow était réglé », reconnaît Udi Levi, ancien numéro deux du Mossad. « On partait pour un événement unique, historique. »

L’enquête retrace les années de plans avortés, de projets extrêmement coûteux, parfois spectaculaires, portés successivement par les anciens chefs du Mossad Tamir Pardo et Yossi Cohen, sans jamais aboutir à une capacité réelle de neutralisation du site.

Derrière la démonstration de force israélienne, le reportage d’Uvda dresse un tableau plus nuancé : une réussite tactique impressionnante, mais aussi les limites persistantes d’Israël face au cœur dur du programme nucléaire iranien.

En réponse, le bureau du Premier ministre a affirmé que plusieurs plans avaient été développés au fil des années contre l’ensemble des composantes du programme nucléaire iranien, et que la coopération stratégique avec les États-Unis avait finalement permis de porter « un coup sévère » au site de Fordow.

Reste ce constat, mis en lumière par le témoignage d’Aresh : Israël sait frapper loin, très loin – mais certains objectifs restent, encore, hors de portée immédiate.

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