Sécurité

Gaza: opérations militaires et retour en force du Hamas

Alors que l'attention se porte sur l'Iran et le Liban, le front gazaoui est toujours ouvert.

3 minutes
16 mars 2026

ParGuitel Benishay

Gaza: opérations militaires et retour en force du Hamas
Photo: Tsahal

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Sur le terrain

Parallèlement aux combats au Liban et en Iran, Tsahal poursuit ses opérations dans la bande de Gaza. De puissantes déflagrations ont été entendues ce dimanche soir à Sdérot et ses environs, en lien avec l'activité des forces israéliennes dans l'enclave. La veille, dans le cadre d'une opération de la brigade des parachutistes à Rafah visant à purger la zone de terroristes et d'infrastructures, les soldats ont repéré un combattant armé qui a ouvert le feu sur eux avant d'être neutralisé, sans faire de victimes dans les rangs israéliens. Vendredi, Tsahal a également éliminé deux autres combattants du Hamas lors d'une frappe dans la région de Khan Younès, dans le sud de la bande.

La « prochaine phase » en préparation

Selon le journaliste Itai Blumenthal, Israël se préparerait à mettre en œuvre la prochaine étape du « plan Trump » : l'entrée de milliers de soldats étrangers dans la bande de Gaza en qualité de force de stabilisation. D'après un membre du cabinet, le calendrier envisagé prévoit d'abord plusieurs semaines supplémentaires d'affaiblissement du régime iranien, suivies d'opérations ciblées contre le Hezbollah au Liban, avant un retour de la priorité sur Gaza. Il ne s'agirait pas nécessairement d'une nouvelle incursion terrestre à grande échelle, mais plutôt d'une opération de démantèlement de l'arsenal du Hamas. « Ce qui ne surviendra pas sous ultimatum surviendra par la force », préviennent des sources sécuritaires.

Le Hamas se réorganise

Alors que Tsahal et l'appareil sécuritaire sont concentrés sur la campagne contre l'Iran et le Hezbollah, le Hamas s'emploie activement à reconstituer son emprise dans les zones situées hors du « corridor Netzarim ». Selon des témoignages de résidents gazaouis recueillis par Kan News, l'organisation profite du fait qu'Israël soit mobilisé sur d'autres fronts pour redéployer ses hommes. « Les hommes du Hamas étaient déjà présents auparavant, mais nous n'avions pas anticipé une telle ampleur. La route Salah al-Din est pleine d'hommes armés », rapportent des habitants.

Ce retour sur le terrain s'accompagne d'une répression brutale de toute voix dissidente. Dans un cas particulièrement grave rapporté par des témoins, des membres du Hamas se sont rendus dans la tente d'un habitant qui avait osé critiquer l'organisation sur Facebook : ils l'ont roué de coups, lui ont tiré dans la jambe et l'ont arrêté devant sa famille.

Sur le plan économique, le Hamas a également relancé son mécanisme de financement via une taxation agressive. Des habitants signalent que les prix des produits de base ont triplé en quelques semaines, en raison de la confiscation des marchandises entrant dans la bande au profit des proches de l'organisation. « Cet argent n'est pas destiné aux services civils ou aux institutions municipales », affirme un résident. « Il sert au réarmement de la branche militaire. »

L'inquiétude des habitants de la « ceinture de Gaza »

Les responsables de sécurité locale dans l'enveloppe de Gaza expriment leur préoccupation face au report de l'attention vers l'Iran et le Liban, et dénoncent un allègement des dispositifs dans leur secteur. Ils redoutent que les mesures de protection renforcées après le massacre du 7 octobre ne soient progressivement réduites, comme si le Hamas avait déjà déposé les armes.

Yishai Spatz, habitant de Yated et membre du Forum de l'enveloppe de Gaza, résume l'état d'esprit qui prévaut : « Tsahal sait que le Hamas est capable de mener une action efficace et significative dans la zone des kibboutzim. C'est inadmissible. » Le message des habitants est sans équivoque : ce qui paraît aujourd'hui théorique dans la région avoisinant Gaza semblait tout aussi improbable la veille du 7 octobre.

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