Le tribunal de district de Rishon LeZion a levé ce lundi une partie du secret entourant une enquête explosive qui ébranle l'entourage du Premier ministre Benyamin Netanyahou. Au centre des investigations : Tzachi Braverman, directeur de cabinet du chef du gouvernement, soupçonné d'avoir instrumentalisé des informations confidentielles pour entraver une enquête sur la fuite de documents classifiés vers le quotidien allemand Bild.
L'affaire, baptisée « Réunion nocturne sur le parking », révèle les zones d'ombre dans la gestion d'informations sensibles au plus haut niveau de l'État. Selon les éléments rendus publics, Braverman aurait eu connaissance dès octobre 2024 de l'ouverture d'une enquête portant sur la divulgation de secrets défense au journal allemand. Les enquêteurs soupçonnent le directeur de cabinet d'avoir exploité ces informations privilégiées, obtenues dans l'exercice de ses fonctions, pour influencer le cours de l'investigation.
Un isolement judiciaire strict
La semaine dernière, la justice a prolongé jusqu'au 10 février des mesures restrictives drastiques à l'encontre de Tzachi Braverman. L'homme fort du bureau du Premier ministre se voit interdit d'accès aux locaux gouvernementaux et dans l'impossibilité de contacter les protagonistes de l'affaire Bild.
Plus contraignant encore : jusqu'au 18 février, il ne peut communiquer ni avec Netanyahou lui-même, ni avec ses principaux conseillers, ni avec les agents des services de sécurité intérieure (Shin Bet) impliqués dans le dossier. Cette interdiction vise à préserver l'intégrité de l'enquête sur la fameuse « réunion nocturne ».
Le tribunal a établi une liste nominative des personnes interdites de contact. Y figurent le Premier ministre Benyamin Netanyahou ainsi que trois de ses proches collaborateurs : Yonatan Urich, Eli Feldstein et Israel Mansour. S'ajoutent trois agents du Shin Bet, identifiés dans les documents judiciaires uniquement par leurs prénoms ou initiales : Hagai, Anna et Shimon.