Selon une étude préliminaire menée au sein du laboratoire du Prof. Nitzan Censor, de l'École de neurosciences et de l'École des sciences psychologiques de l’Université de Tel-Aviv, par les doctorants Or Dezachyo et Noga Yair, un traitement par stimulation cérébrale non invasive permet de réduire de manière significative les souvenirs traumatiques, notamment les flashbacks et les pensées intrusives chez des personnes atteintes du trouble de stress post-traumatique (TSPT). Cette approche novatrice, qui revêt une importance particulière compte tenu de la forte augmentation du nombre de personnes souffrant de ce syndrome suite aux attentats du 7 octobre et la guerre Glaives de Fer, pourrait dans l'avenir aider de nombreux soldats et civils à retrouver une vie normale.
L'étude, à laquelle ont également participé les équipes de recherche des Prof. Yair Bar Haim et Ido Tavor de l'Université de Tel-Aviv, Noga Mendalovich et les Dr. Niv Tik Haggai Sharon de l'hôpital Ichilov, ainsi que le Prof. Daniel Payne du National Institute of Mental Health aux États-Unis, a été publiée dans la revue scientifique Brain Stimulation.
Influencer le processus de reconsolidation des souvenirs
Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) touche des millions de personnes dans le monde : soldats, victimes du terrorisme, d’accidents de la route ou de violences. Malgré les progrès des traitements psychologiques et pharmacologiques, seuls 50 % environ des patients réagissent favorablement aux traitements existants, et de nombreuses personnes continuent de présenter des souvenirs intrusifs des années après l’événement. Ceux-ci ne constituent pas de simples pensées, mais bien des expériences sensorielles vives et tangibles pouvant réactiver des réactions physiologiques et émotionnelles semblables à celles ressenties lors du traumatisme initial.
Dans la présente étude, les chercheurs ont ciblé l'hippocampe, région profonde du cerveau responsable du traitement, du stockage et de la récupération mnésique. La stimulation directe des régions profondes du cerveau nécessitant une intervention invasive, ils ont adopté une approche indirecte et sophistiquée : identifier les zones superficielles du cerveau présentant une connectivité fonctionnelle avec l’hippocampe, puis leur appliquer une stimulation magnétique transcrânienne (TMS). La localisation de la stimulation étant déterminée individuellement pour chaque participant au moyen de l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), ce qui a permis d’adapter le traitement précisément à chacun.
L'étude initiale a porté sur dix adultes souffrant de stress post-traumatique qui ont suivi cinq séances hebdomadaires. Chaque séance commençait par l'activation du souvenir traumatique, puis l'application de la stimulation magnétique cérébrale intervenant à un stade où la mémoire se trouve dans un état de réceptivité au changement, au cours d'un processus neurobiologique appelé reconsolidation des souvenirs. L'objectif des chercheurs était d'influencer la manière dont le souvenir se réencode dans le cerveau, afin d'atténuer les symptômes post-traumatiques.
Une importance particulière dans le contexte des évèneements du 7 octobre
Tous les participants ayant suivi ce traitement ont présenté une diminution nette et constante de la gravité des symptômes, principalement de la fréquence et de l'intensité des souvenirs intrusifs. Parallèlement, l'imagerie cérébrale a révélé une diminution de la connectivité entre l'hippocampe et les zones stimulées, prouvant que l'amélioration n'était pas seulement subjective, mais reflétait une réelle modification de l'activité cérébrale.
Ces résultats revêtent une importance particulière pour les soldats de Tsahal, les forces de sécurité, les civils impactés par les attentats terroristes du 7 octobre, les survivants du massacre et les victimes de fusillades ou d'enlèvements, autant de groupes chez lesquels la prévalence du syndrome de stress post-traumatique est élevée. Beaucoup de ces personnes font état de souvenirs intrusifs persistants, même plusieurs mois après les faits. Aussi le développement potentiel d’un traitement court et non invasif ciblant spécifiquement les mécanismes de la mémoire traumatique pourrait constituer un atout majeur pour le dispositif national de réadaptation.
Selon les chercheurs, il s'agit d'une étude préliminaire menée sur un petit groupe et sans groupe témoin, mais qui apporte une preuve de faisabilité convaincante. Des essais cliniques contrôlés à grande échelle sont désormais nécessaires pour évaluer son efficacité dans le temps. Si ces résultats sont confirmés, cela pourrait constituer une nouvelle piste importante dans le traitement de la mémoire traumatique, tant sur le plan émotionnel que neuronal.
« Ces premiers résultats suggèrent une évolution dans la conception de l'approche du traitement du post-trauma », conclut le Prof. Censor. « Nous avons tenté de cibler directement le dispositif cérébral de la mémoire elle-même, ou moment où elle se 'réouvre' et peut être modifiée. Le fait que nous ayons constaté une diminution constante des souvenirs intrusifs chez les participants, aux côtés de changements mesurables de l'activité cérébrale, est très encourageant. Il est important de souligner qu'il s'agit de tout premiers résultats. Cependant, et en particulier dans le contexte de la réalité israélienne actuelle, nous espérons que la poursuite d'expériences cliniques à grande échelle, nous permettra dans l'avenir de développer des traitements non intrusifs et accessibles, qui pourront aider de nombreux soldats et civils à retrouver une vie normale libérée du poids des traumatismes ».
Source: Les Amis français de l'Université de Tel Aviv
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