Ce mercredi, deux documents accablants ont mis en lumière une réalité terrifiante : en Iran, le régime a détourné les hôpitaux de leur mission médicale pour en faire des outils de sa répression. Le régime force les médecins à falsifier des causes de décès et à participer à des crimes de guerre sous peine d'arrestation.
Les forces de sécurité ont arrêté des blessés dans les hôpitaux et ont interdit aux médecins de soigner les manifestants. Les médecins refusant de collaborer ont été arrêtés.
Selon d'autres témoignages, des manifestants blessés ont été enfermés dans les morgues des hôpitaux parmi les cadavres, et ce jusqu'à ce qu'ils meurent eux-mêmes.
L'Association des médecins iraniens a publié une déclaration exprimant sa "profonde inquiétude" quant à la sécurité physique, mentale et professionnelle du personnel médical lors de la répression des manifestations de janvier. L'organisation exige que les autorités cessent tout comportement menaçant ou toute ingérence.
Simultanément, l'Organisation iranienne des droits de l'homme a rendu public un rapport faisant état d'invasions de domiciles et de cliniques par les forces de sécurité, suivies d'arrestations violentes. Au moins 35 médecins, infirmiers et membres du personnel médical ont été arrêtés pour avoir porté assistance aux manifestants. L'organisation dénonce la "transformation des hôpitaux et des centres de soins en instruments de la machine à tuer et à réprimer".
Le cas du Dr Nataki : un médecin devenu complice
Le Dr Hassan Jalodari, médecin iranien vivant aux États-Unis depuis quatre ans et resté en contact avec le milieu médical iranien, partage des informations alarmantes. Un témoignage accuse directement le Dr Saeed Nataki, cardiologue et spécialiste vasculaire, ancien directeur adjoint de l'Université des sciences médicales de Téhéran.
Selon ces accusations, Nataki aurait été "directement impliqué dans la falsification de dossiers médicaux et des chiffres des morts et des blessés" et dans "le meurtre de personnes blessées hospitalisées à l'hôpital Bahar-Lo de Téhéran".
Il aurait transformé les hôpitaux de Zaiyan et de Bharlo en zones militaires, fourni aux services de renseignement des Gardiens de la révolution des informations sur les médecins ayant soigné des blessés, et modifié les rapports médico-légaux pour occulter les traces du massacre. Il aurait fait pression sur les médecins pour qu'ils utilisent l'expression "collision avec un objet contondant" au lieu de "blessure par balle".
Des preuves suggèrent également que Nataki aurait forcé des médecins à injecter de l'air aux blessés des manifestations, entraînent leur mort.