Moyen-Orient

Hôpitaux de l'horreur en Iran : des médecins forcés de tuer des blessés

Des manifestants blessés ont été enfermés dans les morgues des hôpitaux parmi les cadavres

4 minutes
5 février 2026

ParJohanna Afriat

Hôpitaux de l'horreur en Iran : des médecins forcés de tuer des blessés
Des corps de manifestants tués en Iran Photo : Réseaux sociaux 27A

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Ce mercredi, deux documents accablants ont mis en lumière une réalité terrifiante : en Iran, le régime a détourné les hôpitaux de leur mission médicale pour en faire des outils de sa répression. Le régime force les médecins à falsifier des causes de décès et à participer à des crimes de guerre sous peine d'arrestation.

Les forces de sécurité ont arrêté des blessés dans les hôpitaux et ont interdit aux médecins de soigner les manifestants. Les médecins refusant de collaborer ont été arrêtés.

Selon d'autres témoignages, des manifestants blessés ont été enfermés dans les morgues des hôpitaux parmi les cadavres, et ce jusqu'à ce qu'ils meurent eux-mêmes.

L'Association des médecins iraniens a publié une déclaration exprimant sa "profonde inquiétude" quant à la sécurité physique, mentale et professionnelle du personnel médical lors de la répression des manifestations de janvier. L'organisation exige que les autorités cessent tout comportement menaçant ou toute ingérence.

Simultanément, l'Organisation iranienne des droits de l'homme a rendu public un rapport faisant état d'invasions de domiciles et de cliniques par les forces de sécurité, suivies d'arrestations violentes. Au moins 35 médecins, infirmiers et membres du personnel médical ont été arrêtés pour avoir porté assistance aux manifestants. L'organisation dénonce la "transformation des hôpitaux et des centres de soins en instruments de la machine à tuer et à réprimer".

Le cas du Dr Nataki : un médecin devenu complice

Le Dr Hassan Jalodari, médecin iranien vivant aux États-Unis depuis quatre ans et resté en contact avec le milieu médical iranien, partage des informations alarmantes. Un témoignage accuse directement le Dr Saeed Nataki, cardiologue et spécialiste vasculaire, ancien directeur adjoint de l'Université des sciences médicales de Téhéran.

Selon ces accusations, Nataki aurait été "directement impliqué dans la falsification de dossiers médicaux et des chiffres des morts et des blessés" et dans "le meurtre de personnes blessées hospitalisées à l'hôpital Bahar-Lo de Téhéran".

Il aurait transformé les hôpitaux de Zaiyan et de Bharlo en zones militaires, fourni aux services de renseignement des Gardiens de la révolution des informations sur les médecins ayant soigné des blessés, et modifié les rapports médico-légaux pour occulter les traces du massacre. Il aurait fait pression sur les médecins pour qu'ils utilisent l'expression "collision avec un objet contondant" au lieu de "blessure par balle".

Des preuves suggèrent également que Nataki aurait forcé des médecins à injecter de l'air aux blessés des manifestations, entraînent leur mort.

"Un cauchemar que je n'arrive toujours pas à croire"

Un chirurgien ayant soigné des blessés dans une clinique privée durant les nuits des principales manifestations a livré un témoignage poignant : "En tant que chirurgien général, j'ai vu beaucoup de choses dans ma vie. Des crises majeures pour lesquelles j'ai été formé. Pendant des années, j'ai servi mon peuple aux quatre coins du pays, et maintenant je veux écrire sur quelque chose que je n'ai vu que dans la nuit du 8 janvier 2026. Un cauchemar que je n'arrive toujours pas à croire avoir vu de mes propres yeux."

Dans la nuit du 8 au 9 janvier, appelé en urgence par un collègue, il découvre un cabinet médical plongé dans l'obscurité, transformé en hôpital de fortune. "Un grand hall bondé, le sol carrelé de sang de part et d'autre. Je n'en croyais pas mes yeux. Près de trente blessés de guerre, au moins."

Avec quelques collègues et assistants, il prodigue des soins dans des conditions précaires. Certains patients présentent des blessures si graves qu'ils nécessitent une hospitalisation. Pour les faire admettre dans des hôpitaux officiels, il doit les faire passer pour des victimes d'accidents de la route, en s'assurant que les radiographies ne révèlent aucune blessure par balle.

Des familles entières prises pour cible

Durant les nuits du 8 au 12 janvier, le chirurgien estime avoir traité entre 50 et 60 blessés. Au moins un tiers souffraient de choc hypovolémique dû à d'importantes pertes de sang. Les victimes avaient entre 10 ans (un enfant touché par au moins 30 balles en plastique au visage et au corps) et 70 ans (traumatisme de la veine jugulaire avec hémorragie cervicale massive). Dans au moins deux cas, les médecins n'ont pu que constater le décès.

Parmi les blessés figuraient "des familles dont le père, la mère et leurs jeunes enfants avaient tous été abattus ensemble". Interrogeant les parents sur la présence des enfants, le médecin s'est entendu répondre : "Ils ont besoin d'apprendre maintenant."


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