Vie politique

Mansour Abbas affirme avoir été poussé à conclure une alliance avec Netanyahou par des acteurs étrangers

En 2021, malgré les sollicitations du Likoud, Abbas avait finalement choisi de rejoindre la coalition menée par Naftali Bennett et Yair Lapid

3 minutes
15 février 2026

ParJohanna Afriat

Mansour Abbas affirme avoir été poussé à conclure une alliance avec Netanyahou par des acteurs étrangers
Mansour Abbas Photo by Yonatan Sindel/Flash90

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Le chef du parti arabe Ra’am, Mansour Abbas, a affirmé samedi avoir subi, après les élections de 2021, des pressions émanant d’acteurs liés à l’étranger — qu’il associe possiblement au Qatar — pour poursuivre les négociations de coalition avec le Premier ministre Benjamin Netanyahou plutôt que de rejoindre le bloc d’opposition. Selon lui, ces démarches s’expliquaient par la perception d’une politique jugée accommodante du chef du gouvernement à l’égard du Hamas.

Dans un entretien accordé à N12, Abbas a soutenu qu’avant l’attaque du 7 octobre 2023, Netanyahou envisageait un « arrangement à long terme » avec le Hamas. L’objectif, selon lui, aurait été de maintenir la division de la direction palestinienne entre le Hamas à Gaza et l’Autorité palestinienne en Judée-Samarie.

Interrogé sur d’éventuels messages directs en provenance du Qatar lors de ses échanges avec Netanyahou, Abbas a nié avoir reçu des signaux explicites, tout en indiquant avoir été approché par « des personnes en Israël ayant des connexions avec des pays étrangers ». Ces intermédiaires l’auraient incité à intégrer une coalition dirigée par Netanyahou, au motif que « Netanyahou ne fait pas la guerre ».

Abbas affirme avoir compris, au fil des discussions, que le maintien de la fragmentation palestinienne servait les intérêts politiques du Premier ministre et qu’un accord durable avec le Hamas était envisagé. Il évoque des « allusions » en ce sens lors des tractations.

En 2021, malgré les sollicitations du Likoud, Abbas avait finalement choisi de rejoindre la coalition menée par Naftali Bennett et Yair Lapid, faisant de Ra’am le premier parti arabe depuis des décennies à participer à un gouvernement israélien.

Le dirigeant de Ra’am a également réagi au scandale dit du « Qatargate », impliquant des proches collaborateurs de Netanyahou soupçonnés d’avoir mené des activités de relations publiques pour le Qatar. Selon Abbas, le statu quo servait alors des intérêts convergents entre Netanyahou, le Hamas et Doha.

Ces déclarations ont suscité de vives réactions dans l’opposition. L’ancien Premier ministre Naftali Bennett a accusé Netanyahou d’avoir renforcé le Hamas au fil des années, affirmant que Yahya Sinwar « préférait Netanyahou parce qu’il était bon pour le Hamas ».

Le député Gilad Kariv a, pour sa part, appelé à l’ouverture d’une enquête sur les liens présumés entre le chef du gouvernement et le Qatar, estimant qu’une ingérence étrangère pourrait se reproduire lors de futures élections.

Abbas a également relaté que Netanyahou lui avait évoqué les idées de Zeev Jabotinsky durant les négociations, soulignant, selon lui, la volonté du Likoud de mettre en avant une certaine vision de l’intégration politique des citoyens arabes.

Malgré ses critiques, Abbas n’exclut pas un dialogue futur avec le Likoud, tout en réaffirmant sa préférence pour la formation d’un « gouvernement de changement » sans Netanyahou.

Le Premier ministre et son parti n’ont pas réagi à ces accusations.

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