Moyen-Orient

Négociations États-Unis–Iran : où en est-on ?

Un nouveau cycle de négociations entre Washington et Téhéran doit s’ouvrir cette semaine à Genève, dans un climat de tension extrême, les deux parties continuent d’échanger des messages fermes, tandis que le déploiement militaire américain renforce la pression autour de la table.

3 minutes
15 février 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Négociations États-Unis–Iran : où en est-on ?
Accord ou affrontement ?

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Le ministère suisse des Affaires étrangères a annoncé qu’une délégation américaine, conduite par les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner, doit rencontrer mardi une délégation iranienne à Genève. Les discussions se tiennent sous médiation du sultanat d’Oman, qui avait déjà accueilli le précédent round à Mascate.

En parallèle, selon des informations publiées aux États-Unis, le porte-avions USS Gerald R. Ford fait route depuis les Caraïbes vers le Moyen-Orient, un trajet qui devrait durer plusieurs semaines. Le calendrier coïncide avec la fenêtre diplomatique fixée par le président américain Donald Trump : environ un mois pour parvenir à un accord. Le message est limpide : les négociations se déroulent dans l’ombre d’une menace crédible d’action militaire.

Donald Trump a affirmé ce week-end que si l’Iran acceptait « le bon accord », aucune frappe ne serait menée. Il a toutefois accusé Téhéran de « parler beaucoup et faire peu » et estimé qu’un changement de régime des ayatollahs serait « la meilleure chose qui puisse arriver ». Le président a également exclu toute possibilité de laisser à l’Iran la capacité d’enrichir de l’uranium et indiqué vouloir retirer le stock enrichi des installations nucléaires. Le secrétaire d’État Marco Rubio a, de son côté, déclaré lors de la Conférence de Munich sur la sécurité que Donald Trump privilégiait une solution diplomatique, tout en reconnaissant la complexité extrême du dossier.

À Téhéran, les responsables ont multiplié les avertissements. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Shamkhani, a prévenu que toute « aventure » américaine recevrait une réponse forte, déterminée et proportionnée. Il a souligné que le programme balistique constituait une ligne rouge non négociable. Le commandant de la marine iranienne, Alireza Tangsiri, a affirmé que les forces étaient en état d’alerte maximale et surveillaient en permanence les mouvements ennemis. Plusieurs parlementaires ont averti qu’une attaque transformerait la région en « tombeau pour les agresseurs ». Le message iranien est double : une disposition de principe à progresser sur le dossier nucléaire si les exigences sont « réalistes », mais un refus catégorique d’inclure les missiles balistiques et les réseaux régionaux affiliés à l’Iran dans les discussions.

À Jérusalem, de hauts responsables soulignent la coordination stratégique étroite avec Washington. L’appareil sécuritaire se prépare aussi à l’hypothèse d’une frappe américaine suivie d’une riposte iranienne significative, incluant des tirs de missiles balistiques vers Israël. Le scénario envisagé comprend l’ouverture de fronts supplémentaires par des alliés de Téhéran au Liban, en Irak et au Yémen, ce qui pourrait saturer les systèmes de défense israéliens par des salves simultanées de missiles et de roquettes. Les autorités israéliennes affirment néanmoins que le pays est solidement préparé sur le plan défensif et prêt à des frappes offensives contre des infrastructures balistiques en Iran et sur d’autres théâtres.

Malgré la rhétorique musclée des deux côtés, l’évaluation dominante à Jérusalem reste que Donald Trump ne souhaite pas une guerre régionale d’ampleur. Les démonstrations de force viseraient avant tout à accroître la pression sur Téhéran afin d’améliorer les termes d’un accord.

La stratégie américaine s’apparente à une « diplomatie coercitive » : installer une menace militaire crédible tout en ouvrant une fenêtre temporelle limitée pour négocier. Reste que les déclarations du président américain sur un possible changement de régime réduisent l’espace de compromis et augmentent le risque d’escalade.

Les prochaines semaines diront si la confrontation demeure cantonnée au registre de la pression diplomatique ou si elle débouche sur un affrontement militaire régional.

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