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Tribune - Eviter un nouveau Münich

Ce week-end la 62ème édition de la conférence de Münich sur la sécurité s’est ouverte avec la participation de la plupart des chefs d’Etat et de gouvernements occidentaux.

4 minutes
16 février 2026

ParDaniel Saada

Tribune - Eviter un nouveau Münich

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Ce week-end la 62ème édition de la conférence de Münich sur la sécurité s’est ouverte avec la participation de la plupart des chefs d’Etat et de gouvernements occidentaux. Cette importante rencontre devrait-elle avoir un impact sur le Proche-Orient et sur Israël ?

On est bien évidemment tenté de répondre par la négative, c’est-à-dire confirmer qu’il n’y a pas grand-chose à attendre de ce rendez-vous du gotha diplomatico-militaire occidental réuni à Münich alors qu’en fait, ce devrait être exactement le contraire.

Cette conférence devrait être l’occasion de repenser les perspectives stratégiques de la situation internationale qui ont été bouleversées depuis le 7 octobre.

Ce sommet devrait être un moment décisif de rupture entre un monde ancien avec ses règles et ses principes totalement obsolètes au regard de la révolution géopolitique en cours sur la surface du globe mais dont l’épicentre se trouve au Proche-Orient.

Car comment parler et envisager la sécurité sur le Vieux continent sans comprendre que ce qui se joue aujourd’hui à Gaza, au Liban, en Iran détermine l’avenir des modèles démocratiques, de la cohésion des sociétés occidentales, de l’unité des valeurs sur lesquelles elles ont été bâties au cours des deux précédents siècles.

L’ennemi d’Israël, celui qui nous a agressés ce 7 octobre avec la violence et la barbarie que nous savons, celui contre lequel nous nous battons sur plus de 5 fronts du Liban au Yémen, celui qui chaque jour massacre sa propre jeunesse en quête de liberté et de démocratie en même temps qu’il accumule un arsenal balistique vertigineux pour semer la mort et la désolation sans avoir renoncé à développer l’arme nucléaire, et bien ce sont les ennemis qui doivent être désignés à Münich aujourd’hui.

L’Europe et les Etats-Unis partagent en commun ces valeurs que ces ennemis, nos ennemis veulent éradiquer de la planète.

Le basculement du 7 octobre n’a pas seulement cherché à ébranler Israël mais l’islamisme radical d’inspiration sunnite ou chiite entend submerger le monde entier pour l’asservir et le mettre à genoux.

Ces dirigeants réunis à la Conférence de Münich ont une responsabilité historique de refuser l’aveuglement qui justement dans cette même ville de Bavière avait conduit hier les Alliés à livrer l’Europe à Hitler au nom d’une paix autant éphémère qu’illusoire.

L’éternelle question de savoir si l’histoire pourrait se répéter ?

Il faut le craindre, car force est de constater avec amertume que les dissensions prennent le pas sur l’unité qui devrait pourtant s’imposer à tous.

Le Vieux continent s’arc-boute sur ses réflexes narcissiques d’indépendance et d’autonomie européenne, oubliant au passage la dette imprescriptible que l’Europe a contractée à deux reprises vis-à-vis de son allié américain au cours du siècle dernier.

Plutôt que de parler stratégie commune, afficher la fermeté et la détermination indispensable à la lutte acharnée qui s’impose face au péril du moment, la relation transatlantique est malmenée à Munich par les desseins personnels d’un Président errant dans une fin de règne chaotique aux côtés de ses collègues rêvant de s’affranchir d’un Président américain qu’ils jugent trop encombrant ou bruyant.

Et pourtant, comment ne comprennent-ils pas que c’est justement l’avenir de leur continent, de leurs nations qui est en jeu également.

Comment ne perçoivent-ils pas l’urgence absolue du moment où l’Islamisme radical nous défie tous et compromet le précieux et fragile équilibre de nos valeurs et de nos convictions.

Il y a quelques jours l’ancien Premier ministre Manuel Valls, ce « Juste parmi les nations » de notre époque moderne, formulait l’équation de la manière la plus claire qui puisse être.

Dans un entretien au Figaro, il affirmait, je le cite car je ne voudrais pas le paraphraser tant ses mots sont merveilleusement choisis :

« Il faut parfois dire les choses simplement, presque brutalement, pour être fidèle à la réalité du monde. Une part décisive de l’avenir de la France et des démocraties se joue en Israël et au Moyen-Orient …Si Israël tombe, nous tombons, si Israël gagne nous gagnons ».

Voilà tout est dit. Puisse cette révélation inspirer les grands du monde réunis à Munich.

Chronique de Daniel Saada sur Radio J du 15 février 2026

Daniel Saada était ambassadeur d'Israël en France

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