Immédiatement après la publication des extraits des protocoles des cabinets de sécurité qui ont précédé le 7 octobre par Binyamin Netanyahou, les réactions des responsables de l'opposition ont fusé. Ils ont accusé le Premier ministre d'avoir publié des extraits soigneusement choisis, pour faire valoir sa version des faits en distordant, selon eux, la réalité et faisant porter l'entière responsabilité sur les responsables sécuritaires.
La critique se fait aussi entendre à droite de l'échiquier politique où des observateurs s'interrogent sur la pertinence de cette publication et sur ce qu'elle prouve quant aux différentes responsabilités engagées.
Parmi eux, le journaliste Ariel Kahana d'Israel Hayom publie ses réflexions en 9 points, basées sur ce qu'il a entendu et vu de ses propres yeux ces dernières années.
Nous reproduisons sa tribune (traduction libre).
Netanyahu ne peut pas occulter son rôle dramatique dans l'élaboration de la politique de sécurité face à Gaza • Il aurait pu dire "chaque missile est un motif de guerre", mais il a choisi "le Dôme de fer protège - donc ne nous énervons pas" • Son discours ne tient pas la route • 9 réflexions sur "la version de Netanyahou"
En résumé, le fait que les hauts responsables du système de sécurité se soient trompés ne veut pas dire que Netanyahou ait raison pour autant. Netanyahou fait porter au système de sécurité de toutes les générations la responsabilité du massacre, sauf que cette accusation ne tient pas pour plusieurs raisons : a. Le public l'a élu lui - pas eux. S'il estimait en temps réel que le système se trompait, il devait le corriger. C'est pour cela qu'il a reçu le pouvoir du peuple. b. S'il n'était pas capable de le corriger, il aurait fallu qu'il rende les clés. C'est ainsi que cela fonctionne. c. S'il n'avait pas compris l'erreur en temps réel, pourquoi se plaint-il des autres a posteriori.
Netanyahou ne peut pas occulter son rôle dramatique dans l'élaboration de la politique de sécurité face à Gaza. Il était Premier ministre de 2009 jusqu'au jour du massacre, à l'exception d'une seule année au milieu. Même si tout au long du chemin il était selon ses dires plus belliqueux que d'autres, la responsabilité repose sur ses épaules. D'autant plus que sa directive était de se concentrer sur la menace iranienne et de contenir le Hezbollah et le Hamas. À cause de cette doctrine, sous son long mandat, ils ont atteint de telles dimensions monstrueuses.
C'est Netanyahou qui s'est accommodé des tirs de roquettes par le Hamas, qui se sont étendus tout au long de ses années au pouvoir, jusqu'à couvrir la majeure partie du pays. Il aurait pu dire "chaque missile est une violation de souveraineté et un motif de guerre", mais il a choisi la politique du "Dôme de fer protège - donc ne nous énervons pas".
J'étais aux côtés de Netanyahou en Allemagne en 2012 quand le Dôme de fer a enregistré sa première interception opérationnelle - sa réaction fut que cela "élargira la marge de manœuvre du capitaine". C'est-à-dire, le Hamas tirera des missiles et nous n'aurons pas besoin de riposter par la guerre. C'est ce qu'il a dit et effectivement fait dans les années qui ont suivi.
En 2017, je me souviens d'une visite à la frontière nord. Le commandant de secteur expliquait au groupe de journalistes, dont je faisais partie, que le scénario de référence était que "le Hezbollah allait conquérir un village ou deux - disons, Shlomi - et alors la guerre éclatera". C'est-à-dire, chez Netanyahou l'hypothèse de travail était que des localités seraient conquises. Il vivait en paix avec cela. C'était sa politique.