La Cour suprême israélienne vient de rendre une décision explosive. Statuant en formation restreinte — les juges Amit, Solberg et Barak-Erez —, elle a ordonné à l'État de créer une esplanade permanente dédiée aux mouvements juifs libéraux (réformés et conservateurs) à proximité immédiate des pierres sacrées du Mur occidental, selon un calendrier contraignant et sans qu'une nouvelle approbation gouvernementale soit nécessaire.
La décision a immédiatement provoqué une levée de boucliers dans les milieux religieux et politiques.
Les grands rabbins montent au créneau
Les grands rabbins d'Israël, le Rishon LeTzion rav David Yossef et le rav Kalman Bar, ont réagi avec véhémence. Dans un communiqué commun, ils ont dénoncé « une décision rendue en excès de pouvoir et une ingérence inacceptable dans le lieu le plus saint du peuple juif ». Selon eux, il ne s'agit pas d'une question technique, mais d'un enjeu fondamental touchant à la sainteté du Mur et à la préservation de la tradition séculaire qui y est pratiquée. « Une telle ingérence risque de semer la division au sein du peuple juif, précisément dans le lieu qui en symbolise plus que tout l'unité », ont-ils averti, appelant la Cour à « respecter la séparation des pouvoirs et à s'abstenir de toute immixtion dans les affaires sacrées du Mur occidental ».
Levin et Smotrich : la rébellion ouverte
Le ministre de la Justice Yariv Levin n'a pas mâché ses mots. « Le groupe extrémiste qui siège à la Cour suprême a franchi aujourd'hui la dernière ligne rouge, en portant la main sur le Saint des Saints du peuple juif », a-t-il déclaré. Qualifiant la décision d'« illégitime » et « contraire aux valeurs fondamentales de l'État d'Israël », il a appelé le gouvernement et la Knesset à agir « sans délai », se déclarant favorable à une législation d'urgence confiant la gestion du Mur occidental au seul Grand rabbinnat, ou à une instance agréée par lui.