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Négociations Etats-Unis/Iran : avancées à Genève, démonstration de force en Méditerranée

Les déclarations se veulent rassurantes , « Nous nous sommes beaucoup rapprochés », a affirmé le ministre iranien des Affaires étrangères à l’issue du dernier cycle de discussions, côté américain, on évoque des « pourparlers positifs », mais derrière cet affichage d’optimisme, les désaccords demeurent profonds et sur le terrain, le renforcement militaire américain se poursuit

4 minutes
27 février 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Négociations Etats-Unis/Iran : avancées à Genève, démonstration de force en Méditerranée
Kushner et Witkoff avec le médiateur omanais. Photo: Ministère omanais des Affaires étrangères

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Le troisième cycle de négociations menées hier, jeudi, à Genève, sous médiation omanaise, ont débouché sur des signaux jugés encourageants par les deux parties. Washington comme Téhéran parlent d’avancées, et un nouveau rendez-vous est prévu en début de semaine prochaine à Vienne, au niveau technique.

Pourtant, es divergences restent importantes sur les dossiers clés. Les émissaires américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, auraient exigé le démantèlement des trois principaux sites nucléaires iraniens - Fordo, Natanz et Ispahan - ainsi que le transfert à l’étranger de l’ensemble du stock d’uranium enrichi. Washington réclame également qu’un éventuel accord soit permanent.

Des exigences que Téhéran rejette. Les médias iraniens et des sources proches des discussions indiquent que la République islamique refuse de transférer son uranium à l’étranger, de cesser l’enrichissement ou de démanteler ses installations. Elle s’oppose aussi à toute limitation définitive de son programme nucléaire.

Le président américain Donald Trump avait évoqué il y a plus d’une semaine un ultimatum de « 10 à 15 jours » adressé à l’Iran. L’échéance pourrait être repoussée si les discussions prévues se tiennent effectivement. Selon un responsable américain, « les discussions ont été positives » et les États-Unis « continuent de travailler à la conclusion d’un accord ».

Le chef de la diplomatie iranienne s’est montré encore plus optimiste, estimant que « sur certains sujets, nous nous sommes beaucoup rapprochés d’une compréhension ». Il a toutefois reconnu que « d’autres points restent en litige », tout en martelant qu’« il n’existe pas de solution militaire à la question nucléaire ».

Ce climat diplomatique s’inscrit paradoxalement dans un contexte de renforcement militaire massif. L’arrivée imminente en Israël du USS Gerald R. Ford, plus grand porte-avions au monde, marque un pic dans le déploiement américain régional. Parti de Crète, le bâtiment doit considérablement accroître la capacité de frappe américaine en cas de décision d’intervention. Selon le The New York Times, le président Trump privilégierait, si option militaire il y avait, une frappe ciblée contre les installations nucléaires et les sites de missiles, plutôt qu’une campagne de grande ampleur.

La puissance embarquée du Gerald Ford est impressionnante. Son groupe aérien compte environ 75 appareils, dont des F-35C, ainsi que des F-16 et F-18. Grâce à ses installations modernisées, il peut générer jusqu’à 150 sorties aériennes par jour, contre environ 120 pour des porte-avions plus anciens comme l’USS Abraham Lincoln, déjà déployé dans la région avec plusieurs destroyers, un sous-marin et d’autres bâtiments d’escorte. Le groupe d’intervention du Gerald Ford comprend six destroyers lance-missiles. À bord, plusieurs milliers de marins, des systèmes de défense antimissile, des radars de dernière génération, ainsi que des dispositifs de protection rapprochée tels que le Phalanx et des mitrailleuses lourdes. Au-delà de sa puissance militaire, le porte-avions est une véritable ville flottante. Long de 337 mètres, large de 78 mètres au niveau du pont, il déplace près de 100 000 tonnes et peut atteindre environ 56 km/h. Il arrive en Méditerranée orientale deux semaines seulement après avoir reçu l’ordre de quitter la mer des Caraïbes.

À bord : un hôpital complet, quatre salles de sport, des ascenseurs reliant les différents ponts, une chapelle, une supérette, une cafétéria servant quatre repas par jour, un bar à salades et fruits en libre-service, des espaces de détente avec Wi-Fi, billard, consoles de jeux et écrans géants diffusant films et chaînes de télévision, même en pleine mer.

Ainsi, alors que les négociateurs parlent de « progrès significatifs », la réalité stratégique reste tendue. L’Iran affirme qu’« l’Amérique doit choisir entre le dialogue et la confrontation ». Les États-Unis, eux, continuent de renforcer leur posture militaire.

Entre Genève, Vienne et la Méditerranée orientale, la séquence actuelle illustre un équilibre fragile : des discussions ouvertes, mais un rapport de force assumé. Dans cette partie d’échecs nucléaire, les mots se veulent apaisants, les porte-avions et les F22 américains déployés en Israël, eux, parlent un autre langage.

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