L’Arabie saoudite hausse le ton face à l’Iran. Selon une source proche du gouvernement saoudien, une attaque iranienne coordonnée contre les infrastructures pétrolières du royaume entraînerait une riposte militaire directe de Riyad : « Si Téhéran lance une attaque coordonnée contre Aramco, le géant pétrolier saoudien, Riyad frappera des installations pétrolières iraniennes », a déclaré cette source à l’Agence France-Presse. Une mise en garde qui intervient alors que Saudi Aramco a interrompu lundi les opérations de sa plus grande raffinerie nationale, Ras Tanura, après une frappe de drone à proximité du site.
La raffinerie, d’une capacité de 550 000 barils par jour, fait partie d’un complexe d’exportation stratégique sur la côte du Golfe. Deux drones ont été interceptés près de l’installation ; des débris ont provoqué un incendie limité, rapidement maîtrisé. Les autorités saoudiennes ont indiqué qu’il n’y avait pas de blessés.
Le ministère saoudien de la Défense a confirmé que l’incendie avait été causé par des drones interceptés. L’agence officielle SPA a précisé que certaines unités avaient été temporairement fermées, tout en assurant que l’approvisionnement pétrolier national restait inchangé. Selon Bloomberg, le site a été fermé par précaution pendant l’évaluation des dégâts.
Ras Tanura n’est pas une simple raffinerie. Elle fait partie d’un vaste hub d’exportation comprenant des réservoirs de stockage, des quais de chargement et des terminaux d’accostage pour le brut. Les infrastructures voisines constituent l’un des principaux points de sortie du pétrole saoudien vers les marchés mondiaux.
Cette attaque pourrait rapprocher Riyad et d’autres États du Golfe d’une participation plus active aux opérations militaires menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Les installations saoudiennes avaient déjà été visées en 2019, lorsque les attaques contre Abqaiq et Khurais avaient temporairement paralysé plus de la moitié de la production du royaume.
La fermeture de Ras Tanura s’inscrit dans une vague plus large de perturbations énergétiques régionales. Au Kurdistan irakien, la production pétrolière a été suspendue par plusieurs compagnies - dont DNO, Gulf Keystone Petroleum, Dana Gas et HKN Energy - par mesure de précaution. La région exportait environ 200 000 barils par jour via un oléoduc vers le port turc de Ceyhan. Au large d’Israël, le champ gazier Leviathan exploité par Chevron a été fermé, tandis qu’Energean a interrompu la production sur des champs plus modestes, réduisant les exportations vers l’Égypte. Par ailleurs, la navigation près du détroit d’Hormu, par lequel transite environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole, a fortement ralenti après des attaques contre des navires. Plusieurs pétroliers ont suspendu leur passage, invoquant des préoccupations de sécurité et d’assurance.
Les marchés pétroliers ont immédiatement intégré le risque d’approvisionnement. Le Brent a bondi d’environ 8,4 %, dépassant les 79 dollars le baril, tandis que les contrats à terme sur le gasoil ICE ont progressé de plus de 20 %, leur plus forte hausse intrajournalière depuis mars 2022. Ras Tanura est un fournisseur clé de diesel pour l’Europe et produit également de l’essence, ce qui accentue les inquiétudes.
Une perturbation prolongée des infrastructures énergétiques du Golfe, ainsi qu’une confrontation directe entre Riyad et Téhéran autour de ces installations stratégiques, pourraient prolonger l’incertitude sur l’approvisionnement mondial, alimenter l’inflation et peser lourdement sur les entreprises comme sur les consommateurs.
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