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La mort du guide suprême iranien secoue aussi l’Inde

L’élimination d’Ali Khamenei ne bouleverse pas seulement le Moyen-Orient, en Inde, elle a déclenché une vague d’émotion et de manifestations au sein de la communauté chiite, la deuxième plus importante au monde avec environ 45 millions de fidèles.

3 minutes
5 mars 2026

ParNathalie Sosna Ofir

La mort du guide suprême iranien secoue aussi l’Inde
Manifestation de deuil, Inde, réseaux sociaux

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Dans les heures qui ont suivi l’annonce officielle, les réseaux sociaux ont diffusé des images contrastées : entre scènes de deuil en Iran et rassemblements massifs en Inde. Dans plusieurs villes, des milliers de fidèles ont participé à des cérémonies traditionnelles de deuil, parfois marquées par des rites d’autoflagellation.

Pour de nombreux chiites indiens, Khamenei était considéré comme un marja’ taqlid, une autorité religieuse suprême et un modèle spirituel. Cette influence se reflète notamment au Cachemire, où son image, ainsi que celle de dirigeants des Gardiens de la révolution, apparaît sur des affiches et des panneaux dans certaines villes. Les manifestations se sont concentrées dans cette région, mais aussi dans d’autres centres chiites comme Lucknow, Ludhiana, Ajmer, Jodhpur ou certaines zones de New Delhi. Dans le village d’Alipur, dans l’État du Karnataka, trois jours de deuil ont même été décrétés.

Dans plusieurs villes du Cachemire, des musulmans sunnites se sont également joints aux rassemblements, dans des manifestations mêlant slogans anti-israéliens et anti-américains. L’appel à la grève lancé par une coalition d’organisations religieuses locales a entraîné la fermeture de nombreux commerces et entreprises.

Face à la montée des tensions, les autorités indiennes ont déployé d’importants dispositifs de sécurité. Des barrages routiers ont été installés, des véhicules blindés déployés et des restrictions imposées dans plusieurs districts. Dans certains secteurs, l’accès à internet a été limité et les écoles ainsi que les universités sont restées fermées.

Ces mesures ont suscité des critiques politiques. Des responsables du parti régional National Conference accusent les autorités d’imposer des restrictions excessives alors que les rassemblements étaient, selon eux, largement pacifiques.

Pour comprendre la portée de ces réactions, il faut remonter aux liens historiques entre le Cachemire et la Perse. Pendant des siècles, la culture persane a profondément marqué la région : la langue persane y fut officielle jusqu’à la fin du XIXᵉ siècle et de nombreux missionnaires chiites venus d’Iran ont contribué à l’implantation de cette tradition religieuse.

Même si Khamenei n’avait pas d’origine indienne directe, la révolution islamique iranienne a entretenu des liens idéologiques avec certaines mouvances religieuses du Cachemire. En 1980, un an après la révolution iranienne, Khamenei s’était d’ailleurs rendu à Srinagar, où il avait prononcé un discours dans la grande mosquée de la ville.

Aujourd’hui encore, ces connexions religieuses et historiques expliquent pourquoi la disparition du guide suprême iranien provoque une onde de choc bien au-delà du Moyen-Orient, révélant aussi la complexité de l’Inde : un partenaire stratégique d’Israël, mais qui abrite également l’une des plus grandes communautés chiites du monde.

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