Selon plusieurs sources impliquées dans les discussions, cette demande a été transmise à la fois au plus haut échelon politique israélien et au chef d’état-major de Tsahal, le général Eyal Zamir. Malgré cette position officielle, des sources sécuritaires indiquent que ces frappes israéliennes contre des installations pétrolières iraniennes auraient été menées en coordination avec les États-Unis, révélant les tensions et les équilibres délicats au sein de l’alliance stratégique entre Washington et Jérusalem.
L’administration américaine a exposé à Israël trois raisons principales pour justifier sa demande de limiter ce type de frappes.
La première est liée à la population iranienne. Selon Washington, des attaques contre les infrastructures pétrolières risqueraient de frapper directement la population civile, alors même qu’une partie importante de la société iranienne est hostile au régime et observe avec attention l’offensive israélo-américaine. Des destructions massives d’infrastructures énergétiques pourraient retourner cette opinion publique contre l’opération militaire et renforcer la légitimité du pouvoir en place.
La deuxième raison concerne l’après-guerre. Donald Trump envisagerait la possibilité de coopérer avec un futur pouvoir en Iran dans le domaine énergétique, si un changement de régime devait intervenir. Selon des responsables américains, le président souhaite garder ouverte la perspective d’un partenariat économique autour du pétrole iranien, comparable à celui engagé avec le nouveau gouvernement au Venezuela.
La troisième raison est stratégique. Les États-Unis redoutent qu’une attaque massive contre les infrastructures pétrolières iraniennes n’entraîne une riposte directe de Téhéran contre les installations énergétiques des pays du Golfe.
Une telle escalade pourrait provoquer des destructions majeures dans les infrastructures de production et de transport d’énergie dans la région, avec des conséquences potentiellement durables pour l’approvisionnement mondial en pétrole.