La décision a été prise à l’issue d’une réunion d’urgence convoquée par le directeur exécutif de l’agence, Fatih Birol, qui a qualifié cette mesure de réponse « sans précédent » face à une situation exceptionnelle sur les marchés mondiaux de l’énergie. Selon lui, le marché pétrolier étant global, la réponse aux perturbations doit elle aussi être coordonnée à l’échelle mondiale.
La crise actuelle est directement liée aux affrontements dans le Golfe, qui ont quasiment paralysé le trafic pétrolier dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour l’énergie mondiale. Les exportations de pétrole brut et de produits raffinés transitant par ce corridor auraient chuté à moins de 10 % de leur niveau d’avant-guerre, contraignant de nombreux opérateurs de la région à suspendre ou réduire fortement leur production.
Selon l’IEA, la perturbation touche l’artère principale du commerce énergétique mondial. En 2025, environ 20 millions de barils par jour, soit près d’un quart du commerce maritime mondial de pétrole, transitaient par le détroit. Les alternatives pour contourner ce passage restent très limitées.
Il s’agit du sixième recours à un déstockage coordonné depuis la création de l’agence en 1974. Des mesures similaires avaient été prises lors de crises précédentes, notamment en 1991, 2005, 2011 et à deux reprises en 2022.