C'est une révélation qui illustre crûment les contradictions du régime iranien. Mojtaba Khamenei, nouveau Guide Suprême d'Iran, a financé en 2013 l'acquisition d'un domaine de prestige à Londres grâce à un prêt accordé par une société appartenant à deux frères israélo-britanniques originaires de Ramat Gan. Connus pour leur discrétion, les deux frères se sont également illustrés par leurs engagements philanthropiques en faveur de causes juives et israéliennes.
L'information est issue d'une enquête conjointe du média Shomrim et du consortium international de journalistes d'investigation ICIJ.
Le domaine en question, situé dans la célèbre Bishop's Avenue — surnommée l'« Avenue des Milliardaires » — comprend douze maisons réparties sur environ deux hectares. Pour en financer l'achat, une société écran iranienne enregistrée dans le paradis fiscal de l'Île de Man, Birch Ventures, a contracté un prêt de 36 millions de livres sterling. Selon les documents obtenus par Shomrim, ce financement provenait en réalité de Topland Jupiter Limited, filiale du groupe immobilier britannique Topland, fondé par Sol et Edi Zakay, deux frères nés à Ramat Gan.
À l'époque, la transaction était parfaitement légale : aucune sanction ne pesait sur les parties iraniennes impliquées. Mais l'affaire prend une tournure particulièrement ironique au regard de la rhétorique virulente du régime de Téhéran à l'égard d'Israël. Selon les documents analysés, les Iraniens avaient connaissance de l'identité du prêteur : le nom de Topland figurait explicitement dans les actes hypothécaires portant sur les douze propriétés londoniennes.
Le prêt a été intégralement remboursé en septembre 2015, soit environ deux ans après sa conclusion.
Contacté par Shomrim, le groupe Topland n'a pas souhaité commenter l'affaire.
L'enquête s'inscrit dans un contexte plus large. Quelques mois avant la guerre actuelle, Bloomberg avait déjà publié une investigation détaillée sur l'empire financier de Mojtaba Khamenei. Selon ce travail, fondé sur des documents confidentiels et des sources des renseignements occidentaux, le fils du précédent Guide Suprême aurait réussi à contourner les sanctions internationales — y compris celles imposées contre lui personnellement en 2019 — pour transférer des milliards de dollars vers les pays occidentaux.
Ces capitaux, issus de la vente de pétrole iranien, auraient transité par un réseau de sociétés écrans et de comptes bancaires répartis en Grande-Bretagne, en Suisse, au Liechtenstein et aux Émirats arabes unis, avant d'être investis dans l'immobilier à travers le monde. Khamenei détiendrait ainsi à Londres plus de douze biens pour une valeur totale d'environ 120 millions de dollars, mais aussi des hôtels en Allemagne, un complexe de golf à Majorque, des biens à Paris et une villa à Dubaï.
Au cœur de ce dispositif se trouvait Ali Ansari, un homme d'affaires iranien d'une cinquantaine d'années disposant également de la nationalité chypriote, qui lui permettait d'opérer en Europe sans éveiller les soupçons. Proche de Mojtaba Khamenei depuis les années 1980, il aurait servi de principal homme de paille de la famille en Europe. En octobre dernier, les autorités britanniques l'ont sanctionné, le qualifiant de « banquier iranien corrompu » ayant financé les Gardiens de la Révolution, et ont gelé ses avoirs. Des enquêtes ont également été ouvertes en Allemagne et au Canada.
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