Moyen-Orient

Pourquoi le Hamas et le Hezbollah tiennent encore debout ?

3 minutes
24 avril 2026

ParDelphine Miller

Pourquoi le Hamas et le Hezbollah tiennent encore debout ?
Illustration IA

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Après tant de bombardements, d’éliminations ciblées et de sanctions financières, une question revient avec insistance : comment le Hamas et le Hezbollah peuvent-ils encore exister ? La réponse tient d’abord à leur nature. Ces organisations ne sont pas seulement des groupes armés dotés de stocks de roquettes. Elles sont aussi des appareils politiques, sociaux, financiers et idéologiques, implantés depuis des années dans leur environnement.

Au Liban, le Hezbollah a subi de lourdes pertes dans son appareil militaire. De nombreux commandants et opérateurs ont été éliminés par Israël. Mais selon Israel Hayom, une partie importante de son échelon politique et institutionnel est restée debout. L’organisation conserve encore des dizaines de milliers d’opérateurs, tandis que l’État libanais hésite à l’affronter directement, par crainte d’un embrasement interne et parce que l’armée libanaise reste plus faible que le Hezbollah.

À Gaza, le Hamas a lui aussi été sévèrement affaibli, mais pas totalement démantelé. Le mouvement avait accumulé pendant des années des stocks, construit des tunnels, développé des caches et mis en place des ateliers locaux. Même sous blocus, une organisation clandestine peut survivre grâce à des armes déjà présentes, des pièces détachées, des matériaux à double usage, des réseaux souterrains et des cellules capables de se reconstituer localement.

La question du financement est tout aussi centrale. Les États-Unis et Israël ont frappé les réseaux financiers du Hamas et du Hezbollah, mais ces circuits ne passent pas seulement par le système bancaire traditionnel. Washington a sanctionné ces derniers mois des bureaux de change, des réseaux liés à l’or, des circuits commerciaux, ainsi que de fausses associations caritatives accusées de financer les branches militaires de ces organisations. Les sanctions compliquent ces flux, mais ne les arrêtent pas toujours complètement.

L’Iran reste l’acteur clé de cet écosystème. Téhéran a longtemps soutenu ses relais régionaux par l’argent, la formation, l’expertise militaire, les transferts de technologies et les réseaux de contrebande. Même lorsque les routes directes sont coupées, les organisations peuvent s’appuyer sur des intermédiaires, des circuits informels et des réseaux déjà implantés dans plusieurs pays.

C’est là toute la difficulté pour Israël : une guerre aérienne ou terrestre peut détruire des infrastructures, tuer des commandants et réduire les capacités militaires. Mais elle ne suffit pas toujours à effacer une organisation enracinée dans une société, financée par des réseaux clandestins et protégée par un appareil politique ou social. Pour faire disparaître durablement le Hamas ou le Hezbollah, il ne faut pas seulement frapper leurs armes : il faut aussi couper leurs financements, empêcher leur réarmement, démanteler leur commandement, remplacer leur contrôle local par une autorité crédible et maintenir une pression internationale continue.

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