Que faire des stocks d'uranium enrichi iraniens ? Alors que les frappes israélo-américaines ont neutralisé une large part des capacités militaires de Téhéran, ce dossier cristallise les interrogations sur la suite du conflit — et sur la manière d'empêcher définitivement l'Iran de se doter de l'arme atomique.
Avant les bombardements de juin, l'Iran disposait d'un stock estimé à plus de 400 kilogrammes d'uranium enrichi à 60 %, auxquels s'ajoutaient près de 200 kilogrammes enrichis à 20 % — un niveau techniquement proche du seuil militaire de 90 % nécessaire à la fabrication d'une bombe. Ces matières, entreposées en grande partie dans des tunnels souterrains sur les sites d'Ispahan et de Natanz, se trouvent aujourd'hui enfouies sous des tonnes de décombres.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a confirmé sur CBS que l'uranium est toujours sur place, inaccessible, et qu'aucune extraction n'est prévue en dehors d'une supervision de l'AIEA. De son côté, l'agence onusienne n'a détecté aucun mouvement suspect, et le secrétaire d'État Marco Rubio a assuré que l'Iran ne procède à aucun enrichissement actif.
Face à cette réalité, une option circule dans les couloirs du Pentagone : une intervention militaire terrestre pour s'emparer physiquement des stocks. Mais les anciens officiers et experts consultés par le Wall Street Journal sont unanimes — l'entreprise serait d'une complexité sans précédent.
Il faudrait mobiliser plus de 1000 soldats par site, déployer du matériel de terrassement lourd pour traverser les décombres, établir des pistes d'atterrissage improvisées pour évacuer les matières radioactives, et maintenir un dispositif de sécurité pendant plusieurs jours sous la menace constante de drones et de missiles iraniens. L'ancien commandant suprême de l'OTAN en Europe, James Stavridis, n'hésite pas à qualifier une telle opération de « plus grande mission des forces spéciales de l'histoire ».
Les risques ne s'arrêtent pas là. La durée d'exposition des troupes les rendrait vulnérables aux engins piégés. La manipulation d'uranium enrichi expose à des risques de contamination radioactive. Et si l'urgence imposait de détruire les stocks sur place, les conséquences environnementales pourraient être désastreuses pour la région.
Le Président américain reste prudent sur cette question : « Nous ne nous focalisons pas là-dessus pour l'instant », a-t-il déclaré sur Fox News Radio, précisant que la priorité reste la neutralisation des missiles et drones iraniens. Son secrétaire à la Défense Pete Hegseth a toutefois maintenu que « toutes les options restent sur la table ».
Parmi les scénarios alternatifs, celui d'une dissuasion passive séduit une partie des stratèges : laisser l'uranium là où il est, mais signifier clairement à Téhéran que toute tentative de le récupérer ou de relancer l'enrichissement déclencherait de nouvelles frappes. La profondeur de la pénétration du renseignement israélien au sein du programme nucléaire iranien, combinée aux capacités de surveillance satellitaire américaines, rendrait selon les experts toute reprise d'activité quasi impossible à dissimuler.
Mais cette posture d'attente ne satisfait pas tout le monde. L'ancien chef du Conseil de sécurité nationale israélien Eyal Hulata tire la sonnette d'alarme : conclure ce conflit sans régler définitivement le sort des stocks d'uranium et des infrastructures souterraines serait, selon lui, « une erreur stratégique majeure » dont Israël et les États-Unis paieraient tôt ou tard le prix.
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