International

Moqueries contre Trump et promesse de « victoire proche » : le politicien iranien très actif sur X en route vers le pouvoir ?

Avant même le déclenchement de la guerre, le président du Parlement iranien multipliait déjà les attaques contre Israël et les États-Unis sur les réseaux sociaux, cette semaine, après l’élimination d’Ali Larijani, son nom revient avec insistance comme possible successeur

3 minutes
20 mars 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Moqueries contre Trump et promesse de « victoire proche » : le politicien iranien très actif sur X en route vers le pouvoir ?
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, en uniforme des Gardiens de la Révolution, sans crédit

Désolé, votre navigateur ne supporte pas la synthèse vocale.

Depuis le début du conflit, Ghalibaf s’impose comme l’une des figures les plus visibles de la communication du régime. Sur X, il a tourné en dérision les frappes américaines et israéliennes, évoquant une « tempête » à venir après l’élimination de hauts responsables iraniens. « Le peuple iranien a déjoué tous les plans de l’ennemi », a-t-il affirmé, accusant ses adversaires de chercher à masquer leurs échecs par des attaques contre les infrastructures. Il a également martelé que « l’équation œil pour œil reste en vigueur » et que « le conflit entre dans une nouvelle phase ».

Dans un autre message, il s’est moqué de Donald Trump, qualifiant ses déclarations répétées de victoire contre l’Iran de « ridicules ». « Le triomphe est proche », a-t-il encore assuré, tout en affirmant que le détroit d’Ormuz « ne sera plus jamais comme avant ».

Dans un entretien accordé au média qatari Al-Araby Al-Jadeed, Ghalibaf a prévenu que la guerre ne prendrait fin que lorsque des garanties empêcheront sa reprise. « Nous continuerons à nous battre jusqu’à ce que l’ennemi regrette réellement son agression », a-t-il déclaré, évoquant également la volonté de Téhéran de conclure des accords de sécurité avec ses voisins arabes.

Selon lui, les capacités militaires iraniennes restent intactes : « Nous disposons de suffisamment de missiles et de drones, produits localement, à un coût bien inférieur à celui des systèmes d’interception adverses ». Il affirme que la guerre actuelle pourrait redéfinir en profondeur les équilibres régionaux.

En parallèle, Ghalibaf a aussi tenté d’afficher une posture plus consensuelle sur le plan intérieur, saluant l’équipe nationale féminine de football après les polémiques autour de demandes d’asile de certaines joueuses à l’étranger, assurant que « le peuple iranien les soutient ».

Sur le plan politique, sa montée en puissance intervient dans un contexte de recomposition au sommet du régime. La disparition d’Ali Larijani ouvre une lutte d’influence pour des postes clés, même si aucune nomination officielle n’a encore été annoncée.

Né en 1961 à Mashhad, Ghalibaf dispose d’un parcours complet au sein du système iranien. Ancien membre des Gardiens de la Révolution, il s’est distingué durant la guerre Iran-Irak avant de diriger l’armée de l’air des Pasdarans et de participer au développement des programmes balistiques. Il a également dirigé les forces de sécurité intérieure, où il s’est forgé une réputation de fermeté face aux mouvements de contestation.

Maire de Téhéran entre 2005 et 2017, il occupe depuis 2020 la présidence du Parlement. Candidat malheureux à plusieurs élections présidentielles, il incarne aujourd’hui une figure conservatrice influente, parfois présentée comme pragmatique.

Dans un régime où le pouvoir se joue autant dans les institutions que dans la mise en scène politique, Ghalibaf apparaît désormais comme l’un des visages les plus offensifs - et potentiellement l’un des mieux placés - dans la nouvelle configuration du pouvoir iranien.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER QUOTIDIENNE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI : https://israj.media-j.com/newsletter

POUR RECEVOIR NOS INFORMATIONS EN DIRECT SUR WHATSAPP CLIQUEZ ICI http://tiny.cc/IsrajInfoIsrael

ActuJ
Tags