Hier (mardi), le ministre Amichaï Eliyahou a remis au Président Herzog l'avis du gouvernement sur la demande de grâce du Premier ministre Netanyahou, comme le veut la procédure.
Sans grande surprise, le ministre y défend une lecture large de la prérogative présidentielle : selon lui, ni reconnaissance de culpabilité ni expression de remords ne sauraient constituer un préalable obligatoire. Il s'appuie sur la jurisprudence israélienne pour affirmer que le chef de l'État peut gracier avant même une condamnation définitive.
Sa recommandation repose sur trois piliers : permettre au Premier ministre de diriger la guerre sans être entravé par une procédure pénale, reconnaître sa longue contribution à la sécurité nationale, et contribuer à la réconciliation nationale. Le document émet même des doutes sur la conduite du procès lui-même, évoquant des défaillances dans l'enquête et relevant que le tribunal a lui-même exprimé des réserves sur le chef d'inculpation pour corruption.
Mais cet avis se heurte frontalement à la position du département des grâces du ministère de la Justice, qui considère la reconnaissance de culpabilité comme une condition sine qua non — une exigence que le ministre Eliyahou balaie, accusant ce département d'avoir outrepassé son rôle. La conseillère juridique du gouvernement, Gali Baharav-Miara, n'a quant à elle pas encore rendu sa position, et devrait prendre plusieurs semaines supplémentaires pour le faire.
Face à ces divergences profondes, la résidence présidentielle se retrouve dans une position délicate. Son conseiller juridique doit désormais composer avec des avis contradictoires sur des questions de fond, ce qui repousse toute décision à plusieurs semaines au minimum. Une option inédite est même à l'étude : réunir autour d'une même table avocats de la défense, représentants du parquet et conseillers juridiques, dans l'espoir de dégager un compromis sur la procédure. La possibilité de demander à Netanyahou de reformuler sa demande de grâce est également envisagée.
Face aux pressions notamment de la part du Président américain qui a fustigé le Président Herzog à plusieurs reprises sur ce sujet en des termes peu diplomatiques, la résidence présidentielle a communiqué encore hier : « Toute tentative d'influence, de quelque bord que ce soit et d'où qu'elle vienne, ne changera rien. Le président agira selon la loi, sa conscience et l'intérêt de l'État. »
Aucun contact n'a encore eu lieu entre les bureaux du Président et du Premier ministre depuis que Herzog a publiquement regretté l'absence de réaction de Netanyahou aux déclarations de Donald Trump portant atteinte, selon lui, à la souveraineté israélienne.
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