Israël

Peine de mort pour les terroristes : un vote historique à la Knesset

Le texte, porté jusqu’au vote final en pleine guerre, relance l’un des débats les plus lourds de l’histoire judiciaire israélienne.

2 minutes
30 mars 2026

ParDelphine Miller

Peine de mort pour les terroristes : un vote historique à la Knesset
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La Knesset a adopté ce lundi soir la loi sur la peine de mort pour les terroristes, par 62 voix contre 47, au terme d’un vote très politique qui a mis en lumière de profondes lignes de fracture au sein de la classe dirigeante israélienne. Benyamin Netanyahou, Avigdor Liberman et les partis de coalition ont soutenu le texte, tandis que Yaïr Lapid, Benny Gantz, Moshe Gafni et les partis arabes ont voté contre. Le parti Yisrael Beiteinu a lui aussi annoncé avoir voté en faveur de la loi.

Le texte vise à faire passer la peine capitale d’une possibilité théorique à un outil pénal applicable dans les affaires de terrorisme meurtrier. En Judée-Samarie, elle deviendrait la peine par défaut pour certains meurtres commis dans un cadre terroriste, sans exiger l’unanimité des juges, contrairement à la situation actuelle. À l’intérieur de la Ligne verte, le tribunal pourrait prononcer soit la peine de mort soit la perpétuité contre toute personne ayant intentionnellement causé la mort dans le but de nuire à l’État.

Le texte prévoit aussi que le ministre de la Défense pourra décider si un terroriste de Judée-Samarie sera jugé devant une juridiction militaire ou civile. Une fois la condamnation prononcée, l’exécution devrait intervenir dans un délai de 90 jours après appel automatique, et sans possibilité de grâce ou de commutation. Ce durcissement constitue un changement majeur dans la doctrine pénale israélienne, alors que pendant des décennies, l’existence même de la peine de mort dans le droit israélien était restée essentiellement symbolique.

La portée historique du vote est réelle. Depuis la création de l’État, Israël n’a exécuté qu’un seul condamné à l’issue d’une décision civile : le criminel nazi Adolf Eichmann, en 1962. C’est précisément ce précédent qui donne à ce vote une résonance particulière. Au-delà de son impact juridique, ce scrutin ouvre désormais une nouvelle séquence politique, sécuritaire et judiciaire, dans un pays où la question du terrorisme est devenue, plus que jamais, centrale.

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