Un document stratégique de l'Institut Ryfman, révélé par le quotidien israélien Hayom, élaboré avec d'anciens hauts responsables du Shin Bet, de la police et de l'armée dresse un tableau inquiétant de la situation dans le Neguev: des dizaines de milliers d'armes illégales disséminées dans le désert du Néguev, des cellules terroristes en veille dans le sud du massif de Hébron, des axes routiers susceptibles d'être coupés en quelques minutes.
Les auteurs alertent sur le fait que la situation ne relève plus d'un dossier criminel mais bien d'un front de guerre.
Le rapport s'appuie sur une enquête approfondie des filières de contrebande aux frontières égyptienne et jordanienne, documentées dans les volets précédents de l'enquête. Ses quatre co-auteurs sont un ancien chef du secteur Sud du Shin Bet, un ex-commandant adjoint du district sud de la police, un ancien chef de l'administration civile et un ancien responsable du renseignement pénitentiaire. Ils décrivent avec inquiétude l'arsenal accumulé dans le sud du pays et désignent un « huitième front », en référence aux sept fronts actuellement ouverts contre les ennemis autour d'Israël et sur lesquels se bat l'armée israélienne.
La thèse centrale du document est que l'absence de souveraineté effective de l'État dans le Néguev ne se traduit plus uniquement sur le plan de la criminalité organisée. Conjuguée à une radicalisation nationaliste croissante au sein d'une partie de la population bédouine, elle constitue désormais un « multiplicateur de force » pour le terrorisme. Le rapport parle de « retournement des armes » indiquant le point de bascule où l'arsenal criminel et les allégeances politiques fusionneront en insurrection armée.
Les auteurs décrivent un scénario d'escalade en trois actes.
Premier acte : des manifestations violentes éclatent sur des axes stratégiques, notamment les routes 31 et 25 ainsi que le carrefour Shokef. Elles dégénèrent rapidement en affrontements armés, tandis que des émeutes simultanées dans les prisons du sud mobilisent police et administration pénitentiaire, fragmentant la capacité de réponse de l'État.
Deuxième acte : profitant de cette saturation sécuritaire, des cellules armées issues du sud de Har Hevron en Judée-Samarie franchissent la ligne de séparation par des brèches dans la clôture ou des points de passage mis hors d'usage.
Troisième acte : la logique du 7 octobre se rejoue dans les localités du Néguev. Le blocage des grands axes empêche Tsahal d'acheminer des renforts, isolant totalement les localités visées.
Le rapport ne se limite pas au diagnostic. Il formule quatre recommandations opérationnelles : transférer immédiatement la responsabilité sécuritaire du Néguev à Tsahal et au Commandement du front intérieur en cas de crise multi-front ; lancer des opérations préventives de saisie d'armes par zones géographiques, sur base de renseignement et affranchies des lourdeurs judiciaires habituelles ; renforcer les unités de réaction rapide dans les localités de la zone de jonction avec la Judée-Samarie ; et déployer caméras et capteurs le long des axes routiers névralgiques.
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