Moyen-Orient

Le Liban hausse le ton alors que l'ambassadeur d'Iran refuse de quitter le territoire

Le gouvernement libanais avait officiellement demandé à Shibani de quitter le territoire avant le 29 mars, l’accusant d’ingérence dans les affaires internes du pays et de liens étroits avec des acteurs politiques non officiels

3 minutes
31 mars 2026

ParJohanna Afriat

Le Liban hausse le ton alors que l'ambassadeur d'Iran refuse de quitter le territoire
Illustration iStock

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Le ministère des Affaires étrangères libanais envisage des actions judiciaires contre l’ambassadeur iranien Mohammad Reza Raeuf Shibani, qui refuse de quitter le pays malgré sa désignation comme persona non grata. Cette décision fait suite à la confirmation de Téhéran que son représentant resterait en poste à Beyrouth. Selon une source officielle, l’expulsion a été examinée au plus haut niveau de l’État, tandis qu’un diplomate a souligné que la situation mettait le président du Parlement, Nabih Berri, dans une position délicate, partagé entre la défense des intérêts nationaux et les liens avec les Gardiens de la révolution iraniens.

Samedi dernier, le gouvernement libanais avait officiellement demandé à Shibani de quitter le territoire avant le 29 mars, l’accusant d’ingérence dans les affaires internes du pays et de liens étroits avec des acteurs politiques non officiels. Cette décision intervient dans un contexte de tensions accrues, alors que la reprise des hostilités du Hezbollah contre Israël a provoqué une offensive israélienne ayant entraîné des pertes civiles importantes.

Malgré ce délai, l’ambassadeur est resté à Beyrouth, bénéficiant du soutien de certaines figures politiques chiites influentes, notamment Nabih Berri et d’autres responsables proches de Téhéran.

La crise autour de Shibani illustre les divisions profondes au sein du système politique libanais, partagé entre partis cherchant à affirmer la souveraineté nationale et groupes alignés sur l’influence iranienne.

Le ministère des Affaires étrangères justifie l’expulsion en invoquant la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, qui interdit aux représentants étrangers de s’ingérer dans la politique interne d’un pays. Selon les autorités, la mesure vise exclusivement l’ambassadeur et ne constitue pas une rupture diplomatique avec l’Iran.

Téhéran a rejeté l’expulsion, confirmant que Shibani resterait à Beyrouth, ce qui accentue les tensions déjà vives dans la région. Son maintien à son poste, malgré son statut officiel, a été commenté à l’international, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, ironisant sur le fait que l’ambassadeur « continue de prendre son café à Beyrouth ».

Cette situation intervient alors que le Liban doit simultanément faire face à une instabilité sécuritaire, une crise économique et une polarisation politique profonde. L’incapacité à faire appliquer une mesure symbolique telle qu’une expulsion pourrait être perçue comme un signe de faiblesse de l’État face aux milices et aux influences étrangères, compliquant la restauration de l’autorité centrale et les efforts de désescalade dans la région.

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